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Société des Missions Africaines –Province de Strasbourg

BISCHOFBERGER Aloyse né le 11 février 1897 à Oberegg
dans le diocèse de Saint-Gall, Suisse
membre de la SMA le 31 juillet 1921
prêtre le 29 juin 1925
décédé le 30 juin 1982

1925-1927 missionnaire au Nigeria
1927-1972 missionnaire en Egypte
1972-1982 Saint-Pierre, retiré

décédé à Sélestat, France, le 30 juin 1982,
à l'âge de 85 ans


Le père Aloïs BISCHOFBERGER (1897 - 1982)

Aloïs Bischofberger est né le 11 février 1897, à Oberegg, canton de Appenzell i/Rh, au diocèse de Saint-Gall. Il fit ses études secondaires en Suisse et en Hollande, le noviciat à Chanly en 1919-1921, les études de théologie au séminaire de Lyon en 1921-1925. Il prononça le serment s.m.a à Chanly, le 31 juillet 1921. Il fut ordonné prêtre à Lyon par Mgr Hauger, le 29 juin 1925.

En sortant du séminaire, il fut nommé pour la Mission de la Nigeria. À cette époque, l’immense Nigeria comprenait trois juridictions : le Vicariat Apostolique du Bénin (Lagos), le Vicariat Apostolique de la Nigeria Occidentale (Asaba) et la Préfecture Apostolique de la Nigeria Orientale (qui deviendra en 1929 Préfecture Apostolique de la Nigeria Septentrionale), où la ville de Kano, après Shendam, était devenue la résidence du Préfet Apostolique. Celui-ci, Mgr Waller, était alors en Europe et il avait nommé le Père Schahl Pro-Préfet et Supérieur de Kano. La Préfecture, très étendue, était peuplée par des populations en grande partie musulmanes. Le dur climat et l’isolement en faisaient un territoire très éprouvant pour la santé des missionnaires. C’est à Kano que le Père Bischofberger fut envoyé, comme vicaire du Père Schahl. Il ne put rester dans cette mission que très peu de temps. Arrivé à Kano le 9 décembre 1925, il dut la quitter, très malade et sur la demande du Père Schahl, le 24 février 1926.

Arrivé en France, il y resta d’abord pour refaire sa santé et il donna même des classes à l’école apostolique de Saint-Priest. Puis, au bout de quelques mois, il fut envoyé à la Mission d’Égypte.

Le Père Bischofberger devait rester attaché à la Mission d’Égypte pendant plus de 45 ans. Il aima ce pays, le plus beau pays de la terre. Il connut la joie dans les divers ministères qu’il y exerça. Il put admirer le «leuve mystérieux venu du Paradis, le Nil généreux, qui abreuve les champs et donne la force à tous les hommes. Mais bien plus, il fut reconnaissant à l’Égypte, parce que la douceur de son climat et la beauté de son ciel l’aidèrent à supporter ses misères de santé. Car, pendant une longue part des années qu’il passa là-bas, il eut beaucoup à souffrir de la maladie.

Il était nommé pour Tanta. Cette station avait été fondée en 1878, peu de temps après l’arrivée des premiers missionnaires s.m.a. en Égypte. Un Collège, le Collège Saint-Louis, dirigé par les missionnaires, y avait été ouvert en 1884. Cet établissement fut une œuvre importante. En 1927, il était fréquenté par près de 400 élèves. Le Père Bischofberger y entrait pour enseigner les mathématiques supérieures. Il se plut beaucoup au cher collège de Tanta. Lorsqu’il lui arrivait de devoir le quitter, son seul désir était de pouvoir y retourner.

Cela se produisit une première fois en 1934. Étant en Suisse, malade, il dut subir une grave opération aux intestins ; en plus, la jambe gauche lui donnait des soucis. On pouvait craindre qu’un nouveau séjour en Égypte serait à déconseiller. Néanmoins, le Père repartit à l’automne : après tout, l’hiver en Égypte serait sans doute plus profitable que les froides journées des pays du Nord.

Une deuxième fois, en 1939, revenu en Suisse, le Père se demandait si son activité égyptienne durerait encore longtemps. Il s’embarqua à Venise, pour le retour, le 9 septembre 1939, mais avec la perspective d’une deuxième opération à subir en Égypte. Et cette fois, il ne put guère rester dans son home à Tanta. Il lui devenait impossible de vivre sans hôpital. Il entra donc, en qualité d’aumônier, à l’hôpital italien d’Alexandrie. Il y fut bien soigné. Une deuxième opération aux intestins eut lieu. Mais elle n’empêcha pas ses souffrances. Son état était devenu très pénible. Ainsi, en 1946, le constat était sévère : Le Père est tout décharné. Les douleurs des intestins le font beaucoup souffrir, surtout la nuit. Il n’y a plus de circulation active dans les jambes. Il est devenu très maigre. Malgré tout, doué d’une nature résistante et d’un bon caractère, il a toujours eu une grande énergie morale et s’est occupé pour ne pas penser à son mal.

Parmi les occupations qui faisaient un peu diversion à ses souffrances, il fut particulièrement heureux d’avoir pu, pendant la durée de la guerre, faire un peu de bien tant moral que spirituel, en travaillant pour la Croix-Rouge internationale et en même temps à la Légation de Suisse pour la protection des intérêts étrangers. Il rendait de grands services à la communauté italienne d’Alexandrie et du Delta égyptien, dont il s’occupait avec le Consul de Suisse, chargé des intérêts italiens. Chaque jour, il travaillait ainsi une ou deux heures au consulat suisse.

Lorsque la travail à la Légation suisse allait prendre fin, le Père Bischofberger pensa qu’il retournerait au Collège Saint-Louis, qu’il travaillerait plus directement aux chères œuvres missionnaires. Mais sa santé laissant à désirer, il ne pouvait guère encore s’éloigner d’un hôpital. Après l’aumônerie d’Alexandrie, il entra, au mois de novembre 1947, à l’Établissement médical de Méadi, comme aumônier des Sœurs allemandes de cet Établissement. Toujours actif encore, il se maintenait debout par force pour continuer son ministère dans ce milieu.

En 1964, il se retira à Choubra, parmi ses confrères. Puis, après quelques années, ayant, selon son expression, joui depuis longtemps de ses nombreuses infirmités, il se demanda s’il n’allait pas, comme il y avait déjà pensé précédemment, rentrer définitivement en Europe. Mais il hésitait, se disant qu’il ne pourrait plus guère être utile en quoi que ce soit et craignant d’être à charge dans une mission où il ne pourrait rien faire. Et puis, le soleil d’Égypte le retenait là-bas.

Pourtant, en 1972, il se décida. Il quitta l’Égypte et, au mois d’août 1972, il vint à la maison de retraite de Saint-Pierre. Il y vécut encore dix ans, ne pouvant plus guère sortir et souffrant beaucoup, mais toujours dans la paix. Il mourut à l’hôpital de Sélestat le 30 juin 1982, âgé de 85 ans. Son corps repose au cimetière des Pères à Saint-Pierre. Mgr Strebler prononça l’homélie à la messe concélébrée des obsèques, le 3 juillet 1982.