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Société des Missions Africaines –Province de Lyon

HOUTMANN Octave né le 7 février 1903 à Steige
dans le diocèse de Strasbourg, France
membre de la SMA le 19 janvier 1930
décédé le 10 juillet 1988

1930-1931 Offémont
1931-1936 Chanly, aide économe
1936-1940 mobilisé
1940-1942 Chanly, aide économe
1942-1947 missionnaire en Côte d’Ivoire, Sassandra
1947-1948 Chamalières, aide économe
1948-1960 missionnaire au Dahomey, Ouidah
1961-1988 missionnaire en Côte d’Ivoire, Daloa et Man

décédé à Man, Côte-d'Ivoire, le 10 juillet 1988,
à l'âge de 85 ans


Le frère Octave HOUTMANN (1903 - 1988)

Octave Houtmann est né le 7 février 1903 à Steige, dans le Bas-Rhin et le diocèse de Strasbourg. On a très peu de renseignements sur son enfance et son adolescence, sinon qu'il fit ses études primaires en Alsace. Puis, il fut admis, pour un temps d'épreuve, à l'Institution Alexis Pilet-Will, à Offémont, dans l'Oise, où se trouvait une maison des Missions Africaines.

A l'issue de ce postulat, où ses supérieurs apprécient sa grande générosité, sa charité sans bornes son intelligence pratique, ses relations excellentes avec les supérieurs comme avec ses confrères, sa loyauté et franchise parfaites et, surtout, sa piété profonde (rapport du père Prioul, 8 décembre 1929), il est admis à prononcer son premier serment le 19 janvier 1930, en attendant de faire son serment perpétuel, six ans plus tard, le 19 janvier 1936.

En octobre 1931, alors que le frère Octave est encore à Offémont, il reçoit, du père Laqueyrie, sa première nomination pour Chanly, comme aide-économe. Il répond à celui-ci avec beaucoup de sérénité : Voyant dans vos ordres la voix et la volonté de Dieu, j'accepte de grand cœur, même avec joie. Soyez assuré que je suis bien résolu à mettre, avec le secours de Dieu, au service de mon nouveau supérieur, toute ma personne et mes très faibles talents. Je partirai d'Offémont sitôt que me le permettra mon supérieur actuel, le père Bourasseau.

En 1935, le frère fait part au père Delhommel de son désir d'être relevé de Chanly. Le provincial lui écrit, le 21 août, de prendre patience : Je puis vous assurer que les dispositions sont prises pour que vous n'ayez pas à attendre plus de trois ou quatre mois. En fait, après qu'il eût prononcé son serment perpétuel, le 19 janvier 1936, les événements en disposeront autrement. Le frère sera mobilisé de 1936 à 1940. Pendant l'été 1940, il rejoindra de nouveau Chanly, le cœur en fête. Cela m'a rajeuni de 20 ans et je m'inscris pour le prochain tour de France (en cinq jours, il a parcouru la distance Lyon-Chanly) ; le doux nid de Chanly est aussi beau que par le passé. Aucun souci pour moi, tout va, tout ira sûrement bien. Nous sommes en pleine récolte. Et pourtant, c'est la guerre, mais il semble vouloir rassurer les supérieurs de Lyon.

En novembre 1942, plusieurs confrères attendent à Marseille la possibilité d'un départ vers l'Afrique : le père Furst, le père Prual et le frère Octave. Ils s'embarquent sur Le Dahomey, cargo mixte, faisant partie d'un convoi de 13 cargos français non-armés, accompagnés d'un escorteur. Alors qu'ils longent les côtes marocaines, au matin du 8 novembre, le convoi est intercepté par la marine de guerre américaine, et stoppé au large de Port-Lyautey. Mitraillage, canonnade : le bateau s'échoue, la coque est déchirée. Evacuation des morts, des blessés. Réfugiés au village de Bouznika, les rescapés pourront, le calme revenu, gagner Casablanca, Marrakech, puis traverser le désert mauritanien jusqu'à Nouakchott, puis Bamako au Mali, et enfin Abidjan, tout cela par camion. Le frère Octave rejoindra enfin Sassandra où il servira jusqu'en 1947.

On a peu d'échos de ce séjour dans le sud-ouest ivoirien. A la fin du congé en France qui suivit, le frère est affecté à Chamalières pour seconder l'économe, mais il demande avec insistance de repartir en Afrique après seulement quelques mois de service en Auvergne.

Il est alors nommé procureur au Bénin, où il restera douze ans, très apprécié pour son travail, bien que lui soit reprochée, sur la fin, une gestion assez personnelle qui n'est pas du goût de tous. Tant l'archevêque de Cotonou que le provincial de Lyon s'interrogent sur certaines décisions prises à la procure, mais le frère Octave continuera néanmoins à y travailler jusqu'en mai 1960, date à laquelle monseigneur Gantin, devenu archevêque de Cotonou, lui écrira : Pour que je puisse, avec une équipe nouvelle, renouveler la façon de faire le travail qui vient de m'être confié, je juge que le mieux est de rendre définitif votre prochain départ de la procure.

Le 1° juillet 1960, le provincial lui envoie sa nouvelle nomination. Tenant compte de votre désir de continuer à servir en Afrique, le conseil provincial a décidé de vous mettre à la disposition du supérieur régional de la Côte d'Ivoire, pour le diocèse de Daloa où monseigneur Rouanet va vous recevoir. Et le provincial ajoutera : On nous a parlé trop tard du désir de monseigneur Chopard de le garder pour Parakou.

C'est ainsi que le frère Octave travaillera au diocèse de Daloa pendant huit ans, puis au diocèse de Man pendant vingt ans, très investi dans des tâches matérielles, heureux au volant de son camion, dira un confrère, mais en même temps profondément spirituel, serviteur de Dieu, soulignera monseigneur Agré, toujours très tôt levé le matin, plongé dans la prière personnelle de contemplation qui se prolongeait par la messe matinale, humble et fidèle au confessionnal, fervent de l' Eucharistie, dévot de la Vierge Marie. Une de ses grandes joies fut de pouvoir donner la communion aux fidèles, comme le représente une des dernières photos que nous ayons de lui.

Le dimanche 10 juillet 1988, le frère Octave rendait son âme à Dieu à l'hôpital de Man, atteint d'une hémiplégie, et après seulement quinze jours d'hospitalisation. Lors de ses obsèques, le mercredi 13 juillet, son évêque, monseigneur Agré, fera de lui un magnifique éloge dont nous relevons quelques extraits : Tu nous avais habitués à te voir au four et au moulin, dans tes nombreux chantiers d'écoles, de maisons d'habitation, d'églises, de foyers pour jeunes, toujours alerte, efficace au milieu des ouvriers avec lesquels tu formais une véritable famille. Tous ont été là, très présents, ces jours derniers, autour de toi, pour te témoigner leur indéfectible affection. Tu t'es toujours placé avec les petits. Tu affectionnais ce terme de "petits", les pauvres de Yawhé. A ton enterrement, il n’y aura pas de grands discours, pas de décorations humaines. Tes médailles bien méritées, tu les attends de ton seul Maître, Jésus-Christ, celui que tu as si bien servi dans son Eglise et dans notre communauté humaine de l'Ouest…Donne-lui, Seigneur, d'entrer dans la joie de son Maître, dans la fête de la Jérusalem céleste où il n'y aura ni pleurs, ni peine. Qu'une nouvelle Terre l'accueille, qu'un nouveau soleil éclaire son repos auprès de Jésus, son Sauveur !

La tombe du frère Octave a été creusée au milieu des roses qui entourent la cathédrale, cette cathédrale qu'il aimait entretenir, et où il a, tant de fois, donné la communion. Il continue à veiller sur les communautés chrétiennes qu'il a servies pendant quarante-six ans, tant au Bénin qu'en Côte d'Ivoire.