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Société des Missions Africaines – Province de Lyon

ALLAINMAT Emile né le 1er octobre 1908 à Plouëzec
dans le diocèse de Saint-Brieuc, France
membre de la SMA le 29 juillet 1928
prêtre le 8 janvier 1933
décédé le 17 août 1983

1933-1936 Offémont, professeur
1936-1944 missionnaire en Côte-d'Ivoire 
1944-1945 Maroc, repos
1945-1946 Martigné-Ferchaud, professeur
1946-1950 missionnaire en Côte-d'Ivoire 
1950-1953 Lyon, 150, économe
1953-1954 La Croix-Valmer, repos
1954-1969 Paris,, procure
1969-1976 Sannat (Limoges), curé
1976-1983 Bersac-sur-Rivailler, retiré

décédé à Bersac-sur-Rivailler, France, le 17 août 1983,
à l’âge de 75 ans


Le père Emile ALLAINMAT (1908 - 1983)

Emile Allainmat naît le 1er octobre 1908 à Plouëzec dans les Côtes-d’Armor et le diocèse de Saint-Brieuc, de Jean-Baptiste et de Perrine Le Saux. Il fait de bonnes études secondaires à Pont-Rousseau, Saint-Priest puis Offémont. Il rejoint Chanly en Belgique pour son noviciat et prononce son serment missionnaire le 29 juillet 1928. A la fin de ses études théologiques au 150, il est ordonné prêtre à Lyon le 8 janvier 1933.

Il est d’abord nommé professeur de troisième puis de seconde à Offémont. Il y reste de 1933 à 1936. Mais l’appel de l’Afrique se fait pressant. Dans une lettre au provincial, datée du 11 mai 1936, il sollicite la faveur d’être envoyé en mission le plus tôt possible. Pour corser sa demande, il précise : Rien ne me retient pour le moment en Europe, ni des raisons familiales, ni des préférences personnelles, et il se sent fortement encouragé par son directeur spirituel, le père Moison. Le 15 juillet 1936, le père Laqueyrie, provincial, lui répond : Je suis heureux de vous annoncer que le Conseil provincial a pris en considération votre demande de partir en mission. Il vous a affecté au vicariat de Côte d’Ivoire

A son arrivée au vicariat de la Côte d’Ivoire, le père Allainmat est d’abord nommé vicaire à Abengourou. En 1939, il prend la direction de l’école catholique de Grand Bassam. Après la déclaration de guerre, il est mobilisé. Libéré de ses obligations militaires, il se retrouve vicaire à Dimbokro. C’est dans cette paroisse qu’un jeune homme s’attache à lui, l’accompagnant régulièrement dans les villages et lui servant d’interprète. Il s’agit d’Alfred Kouakou qui deviendra, en 1950, le premier prêtre ivoirien du diocèse de Bouaké.

Début février 1944, après huit ans de séjour, le père Allainmat s’embarque pour le Maroc. Il est alors très fatigué par une longue fièvre qui lui interdit tout vrai travail. Il va rester au Maroc plusieurs mois, accueilli dans une maison des Pères Blancs qui lui offrent l’hospitalité. Dans une lettre de Plouëzec datée du 13 juin 1945, il fait part à son provincial de l’épopée de son voyage commencé en février 1944. Puis il poursuit : Laissé à moi-même, j’ai estimé que je pouvais légitimement aller d’abord revoir ma famille et mon pays, après 9 ans d’absence, quitte à vous demander ensuite des directives pour le temps normal de mon congé, comme je le fais aujourd’hui.

Le 8 septembre 1945, bien rétabli, il écrit : ma santé est bien meilleure et, apparemment, tout à fait bonne. Mais j’ai laissé mon cœur à Dimbokro, et je désirerais, s’il vous plaît, pouvoir aller l’y reprendre. Mais le père passera l’année scolaire 1945-1946 au séminaire de Martigné-Ferchaud. Ce n’est qu’en décembre 1946 qu’il rejoindra la Côte d’Ivoire. Là, tout en étant supérieur de la mission de Tiassalé, il ira, pendant 2 ans, enseigner les sciences au petit séminaire de Bingerville. En 1949, il est nommé supérieur de Bongouanou. Il a alors 41 ans et sa santé lui crée bien des soucis. La quarantaine passée, écrit le père Badoc, Emile Allainmat ne jouit pas d’une bonne santé. Il traîne une vieille dysenterie qui lui occasionne parfois de violentes souffrances.

Malgré un tempérament énergique et de grandes qualités de cœur et d’esprit, à cause de ses maux physiques et de diverses difficultés, le père ne restera que peu de mois à Bongouanou. Il doit rentrer en France le 27 juin 1950. Le Conseil provincial le nomme économe du grand séminaire de Lyon et le remercie pour son acceptation toute simple et franche. Mais au bout de 3 ans, le provincial s’inquiète encore de la santé de son économe et lui donne quelques mois d’un repos bien mérité à La Croix-Valmer.

Un moment, on pense à lui pour assurer l’intérim du supériorat de la maison de repos de la province. Mais cette tâche reviendra en fait au père Colombet, supérieur de Sainte-Foy. Le père Allainmat revient à Lyon avec la mission de tenir bon jusqu’à la vente de charité du 150. Le 17 août 1954, il rejoint la procure de Paris où le père Duhil, bien fatigué, demande un confrère capable d’assurer des journées missionnaires chaque semaine et de donner un sérieux coup de main à la procure, surtout pour les courses en ville.

Le 13 février 1968, après 13 ans de vie de bureau, le père fait part au provincial de son désir de reprendre du ministère actif. Je souhaiterais être envoyé dans une petite paroisse de deux ou trois villages, en campagne, au diocèse de Limoges. A cette fin, je compte prendre contact à Pâques avec l’évêché de Limoges et quelques prêtres du diocèse. Le père Paul Falcon, provincial, donne son accord. Début 1969, Monseigneur Gufflet, évêque de Limoges, répond favorablement, et lui propose de l’envoyer en zone rurale, dans un secteur déchristianisé.

Le 29 octobre 1969, le père est envoyé provisoirement à Saint-Germain-Beaupré. En mai 1970, il est toujours comme l’oiseau sur la branche, attendant un poste définitif. Ce n’est que le 15 septembre 1970 qu’il recevra une nomination de vicaire économe dans la paroisse de Sannat. Il dit alors toute sa joie de trouver à Sannat un petit coin d’Afrique resté au temps de nos ancêtres les gaulois ou, mieux, de mes ancêtres les Celtes. Au père Fénéon qui s’étonne qu’un breton se soit retiré dans la plus païenne des régions de France, il répond, le 18 mai 1973 : C’est par atavisme sma et personnel que je m’y trouve tout à fait à l’aise. Fatigué, il donne sa démission le 17 mai 1976 et, le 30 août, se retire à Bersac-sur-Rivallier dans la grande maison familiale de madame Coudert, ancienne cuisinière de la rue Crillon. C’est là qu’il décède le 17 août 1983. Il repose au cimetière du village.