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Société des Missions Africaines - Province de Lyon

DELBAERE Louis né le 23 avril 1897 à Quesnoy-sur-Deule
dans le diocèse de Lille, France
membre de la SMA le 8 juillet 1922
prêtre le 30 juin 1923
décédé le 23 août 1984

1923-1934 missionnaire au Togo
1934-1935 Offémont, professeur
1935-1973 missionnaire au Bénin
professeur au grand séminaire de Ouidah
supérieur au grand séminaire de Ouidah
vicaire général de Mgr Parisot
curé d’Allada (Cotonou)
1973-1980 La Croix-Valmer,retiré
1980-1984 Montferrier, retiré

décédé à Montferrier-sur-Lez, France, le 23 août 1984
à l’âge de 87 ans


Le père Louis DELBAERE (1897 - 1984)

Louis Delbaere est né le 23 avril 1897 à Quesnoy-sur-Deule au diocèse de Lille. Son nom de famille est d’origine espagnole. Ses parents sont cultivateurs. C’est une famille nombreuse. Sa maman Pauline mit au monde 13 enfants, et son père Charles eut, d’un second mariage, 8 enfants. Louis fait ses études primaires à Quesnoy, puis ses études secondaires au petit séminaire diocésain.

En 1917, il entre au grand séminaire de Lille pour sa philosophie. En 1919, il vient aux Missions Africaines, à Lyon, pour sa théologie. Il devient membre de la SMA le 8 juillet 1922 et est ordonné prêtre le 30 juin 1923.

D’abord affecté au Togo, ses supérieurs sont un peu inquiets à cause de sa petite santé, mais il s’y acclimate bien et se met aussitôt à l’étude de la langue locale. En 1924, monseigneur Jean-Marie Cessou le nomme directeur d’école à Lomé. L’année suivante, il lui confie la responsabilité de l’école des catéchistes à Togoville. De cette école sortiront de nombreux catéchistes, mais aussi quelques séminaristes.

En 1928, il revient en congé. En octobre, le père provincial lui demande un service en attendant de repartir en mission : être professeur à Chamalières pour la nouvelle année scolaire. S’étant acquitté de son service, il rejoint le Togo en août 1929, où il est nommé quasi-curé de Togoville, tout en s’occupant de l’école des catéchistes qui a un effectif de 25 élèves. Sur le plan matériel, le père Delbaere est débrouillard et a de beaux projets, mais il est trop souvent absent le soir et la discipline de l’école s’en ressent.

En 1933, souffrant d’entérite chronique et présentant des signes d’anémie, il rentre en congé pour se soigner. En juillet 1934, le père Edouard Laqueyrie le nomme au petit séminaire d’Offémont pour la nouvelle année scolaire. Il va y enseigner les mathématiques et les sciences. Il est à cette époque le seul détenteur du bac math-élem dans la province. Le père Plumelet en parle ainsi : Vêtu d’une blouse grise ornée de blanc de craie, l’œil vif et un peu froid, l’homme impressionnait. Mais c’était un excellent professeur. En 1934, les 6 candidats de la maison furent tous reçus au bac grâce à ses cours de rattrapage, alors que nous étions presque nuls quelques mois auparavant.

L’année suivante, il demande à retourner, de nouveau, en Afrique. On lui propose de repartir au Dahomey. Il s’embarque le 22 octobre et va y rester près de 40 ans. Pendant 20 ans, il sera à plusieurs reprises supérieur du grand séminaire de Ouidah et vicaire général de monseigneur Louis Parisot. Pendant toutes ces années, l’homme de cœur que fut monseigneur Parisot et l’homme de tête que fut le père Delbaere formèrent un remarquable tandem. Le vicariat apostolique de Ouidah était en de bonnes mains.
Au séminaire de Ouidah, le père Delbaere est à la fois supérieur, professeur de droit canon, et pasteur dans les stations entourant le séminaire, spécialement celle de Segbohoué. Il est aussi un constructeur, et on lui doit une partie des bâtiments de ce qui deviendra, un jour, le petit séminaire. Il tient sa maison d’une main ferme. Le père Domas écrit : Il a marqué des générations de prêtres dahoméens, leur inculquant les valeurs qui devaient animer un prêtre de cette époque. A Saint-Gall, la vie était plutôt frugale et spartiate, car le père Delbaere voulait que l’entretien des séminaristes ne dépasse pas les sommes allouées par Rome. Mais, les anciens ne lui en tenaient pas rigueur et, lors de leurs rencontres, ils aimaient se raconter quelques bonnes histoires de Saint-Gall, leurs petites révoltes intérieures et leur habileté à contourner certaines exigences du supérieur. Pour eux, le père Delbaere avait d’abord été un homme juste et bon.

En 1952, il rentre en congé assez fatigué. Il se soigne à Royat et se repose à Chamalières. Revenu au Dahomey, c’est le temps de laisser la place aux prêtres autochtones qu’il avait aidé à former. En 1953, le séminaire Saint-Gall est érigé en grand séminaire régional, regroupant les séminaristes du Dahomey, du Togo et de la Côte d’Ivoire. Le père Delbaere doit laisser la place au nouveau recteur, le père Chopard. Le jour du départ, en août 1953, quand il remet les clés à ceux qui lui succèdent, la rencontre est aussi brève que l’émotion est grande.

L’ancien supérieur du grand séminaire et l’ancien vicaire général devient alors simple curé de paroisse, d’abord à Ouidah puis à Allada.. Il sera plus tard vicaire puis prêtre habitué, mais monseigneur Gantin le prend parmi les membres de son conseil.

En 1966, le père Delbaere est à Abomey-Calavi. C’est là qu’il reçoit, le 13 janvier 1967, sa promotion au grade d’officier dans l’Ordre National du Dahomey, en remerciement des éminents services rendus à la nation dahoméenne. En 1969, il est à Grand-Popo avec le père Georges Yèche et le frère Jacques Ricard.

Son grand désir était de rester sur le terrain jusqu’au bout mais, en 1973, il doit rentrer en France. Il fête en famille ses 50 ans de sacerdoce. Après un temps de repos en famille, il accepte, difficilement, de quitter son nord natal pour la maison de retraite de La Croix-Valmer et le soleil du midi. Il retrouve de vieux amis : les pères Guérin, Huchet, Bertho. L’adaptation sera pourtant longue et difficile. Trois ans plus tard, il rejoint la maison de Montferrier ce qui l’oblige à s’habituer à un nouveau cadre de vie.

Les dernières années de sa vie sont un long chemin de croix. Il a du mal à s’habituer à une vie sans activité apostolique. Il aurait voulu revenir au diocèse de Lokossa avec monseigneur Sastre mais, à cause des événements politiques du pays, ce n’est plus possible. Il va alors se refermer sur lui-même et ses souvenirs. Son mal-être s’exprime en particulier dans une critique qui devient presque systématique. Il a du mal, en particulier, à s’habituer à la réforme liturgique de Vatican II. Il se contente donc de prier son bréviaire, et de réciter son chapelet.

En juillet 1983, le père Domas vient le saluer avant de s’en aller au Bénin. A sa grande surprise, le père Delbaere l’accueille avec joie : Asseyez vous, mon père ! Je dois vous dire qu’on est très bien dans cette maison. On y est très bien soigné. Puis, après un silence, pardon, mon père ; au revoir et bon courage. En quelques mots pleins d’émotion, le père Delbaere manifestait ce qu’il avait toujours été : un homme sensible, cachant sa souffrance, un homme bon et juste, comme disaient ses anciens élèves.

Il est décédé à Montferrier le 23 août 1984 à l’âge de 87 ans et repose au cimetière des Missions Africaines.