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Société des Missions Africaines –Province de Lyon

FALCON Paul né le 27 juin 1917 à Prévenchères
dans le diocèse de Mende, France
membre de la SMA le 18 juillet 1937
prêtre le 6 janvier 1942
décédé le 7 août 1980

1942-1946 Lyon, professeur
1946-1952 missionnaire au Dahomey
1952-1956 Lyon, professeur
1956-1961 missionnaire au Dahomey
1961-1962 Toulouse, doctorat en théologie
1962-1966 Lyon, supérieur
1966-1968 missionnaire au Dahomey
1968-1973 Lyon, supérieur provincial
1973-1974 Djimé, professeur
1974-1976 recyclage à Lyon
1976-1980 Abidjan, professeur

décédé aux Houches, France, le 7 août 1980,
à l'âge de 63 ans


Le père Paul FALCON (1917 - 1980)

Paul Falcon est né le 27 juin 1917 de Blaise Falcon et de Anna Maurin à Prévenchères dans le diocèse de Mende, département de la Lozère. Il est baptisé à Prévenchères le 2 juillet 1917. Il fait ses études primaires à l'école laïque de Crouzet dans la Lozère et ses études secondaires à Clermont-Ferrand et à Offémont. Il se fait remarquer par son intelligence, sa mémoire, son ardeur au travail, par la rectitude de son jugement et son bon caractère, mais on signale déjà sa santé médiocre.

Il rejoint ensuite le noviciat de Chanly. Sa mauvaise santé l'oblige à quitter pendant quelques mois. Le 18 juillet 1937, il peut cependant prononcer son serment qui le fait membre des Missions Africaines. Après quoi, il rejoint sa famille pour se reposer à Mâlons dans le Gard. Après son service militaire, il entre au grand séminaire de Lyon où il est ordonné prêtre le 6 janvier 1942.

Très brillant élève, ses supérieurs pensent l'envoyer aux Facultés catholiques de Lyon pour y prendre des grades en théologie, mais le professeur de dogme du séminaire sma étant tombé malade et ceux qui auraient pu le remplacer étant mobilisés, le père Falcon est désigné comme professeur de théologie au '150'. De l'avis de tous, il réussit parfaitement. Après la guerre, en 1946, on se trouve dans la nécessité de fournir un corps professoral au grand séminaire de Ouidah, au Dahomey. Le manque de personnel qualifié - conséquence de la guerre - conduit à faire appel, de nouveau, au père Falcon. (P.Bruyas)

De retour en France, en 1952, il est encore nommé professeur de dogme au séminaire sma de Lyon. Le père Falcon accepte mais, cette fois-ci, douloureusement. C'est qu'il a été nommé également directeur spirituel des séminaristes, fonction qu'il redoutait un peu. Il fera pourtant merveille, aux dires du père Delhommel.

En revenant au Dahomey en 1956, il est d'abord nommé curé de Saint-François-Xavier de Porto-Novo où il ne reste qu'un an. Puis, monseigneur Bernardin Gantin, son évêque, lui confie l'important collège Aupiais de Cotonou.

Il rentre assez fatigué en 1961 et, après une année à la Faculté de Toulouse, il est nommé supérieur du grand séminaire de Lyon en remplacement du père Dalbin. En 1963 on écrit de lui : Il a été fatigué au début de l'année… Il travaille énormément… Nos jeunes théologiens le trouvent sévère mais l'apprécient hautement. En 1964 cependant, le père, dans l'enseignement de la théologie, va rencontrer quelques difficultés avec certains séminaristes qui trouvent son enseignement un peu trop traditionaliste. Le père Falcon laisse à d'autres la charge d'enseigner le dogme et donne sa démission de supérieur. Le père provincial n'accepte pas et, l'année suivante, pensant que les difficultés s'apaiseront, renouvelle au père Falcon son mandat de supérieur. Mais le père n'accepte plus d’enseigner et donne de nouveau sa démission qui est acceptée en 1966.

Le père retourne donc au Dahomey où il est nommé aumônier national des Equipes enseignantes et professeur de religion auprès des élèves des collèges non-catholiques de Cotonou. C'est au collège Aupiais, en janvier 1967, qu'en présence de monseigneur Gantin et de monseigneur Boucheix, de nombreux prêtres, religieuses et laïcs qu'il célèbre ses 25 ans de sacerdoce. A cette occasion, monseigneur Gantin rappelle que le jubilaire a aidé à la formation intellectuelle et spirituelle de centaines de prêtres africains et européens, que plusieurs évêques africains sont passés entre ses mains, qu'il a profondément marqué les laïcs qu'il a eu à former et qu'il a aidé à mieux faire connaître le Dahomey par sa brillante thèse de doctorat en théologie sur la religion du Vodou et les superstitions au Sud-Dahomey.

En 1968, l'Assemblée provinciale choisit le père Falcon comme responsable de la Province. C'est au cours des années suivantes que la question des contrats entre les évêques et la SMA va se poser. Le père Hardy écrit le 17 janvier 1970 à ce sujet : Du point de vue des contrats, je crois que c'est un plein succès. A part quelques changements de forme, rien d'essentiel n'a été changé au texte que j'avais emporté dans mes valises.

Cependant, quelques problèmes vont surgir entre le père Falcon et les membres de la conférence épiscopale du Dahomey. Monseigneur Gantin est prêt à dialoguer avec le père Mondé, supérieur général. Celui-ci arrive accompagné par le père Falcon. Ce sera justement l'occasion, écrit le père Mondé à monseigneur Gantin, de discuter bien fraternellement et de repartir avec un esprit nouveau. Cette visite et les visites que le père Falcon fera plus tard aux évêques montreront que les rapports entre le clergé africain et les missionnaires sma demeurent excellents : Mon dernier voyage au Dahomey et en Côte d'Ivoire, dira en 1972 le père Falcon, avait pour but principal d'écouter les évêques et les prêtres africains… De part et d'autre, il y a partout une nette volonté de travailler ensemble. On m’a dit : nous avons encore besoin des missionnaires. En mars 1971, le père Falcon sera fait officier de l'Ordre National du Dahomey.

Au cours de l'année 1973, dans le questionnaire préparatoire à l’Assemblée provinciale, une large majorité de confrères désire garder le père Falcon comme provincial. Mais c’est le père Jean Bonfils qui est élu comme supérieur provincial. Le père Hardy écrit au père Falcon le 6 juillet 1973 : Pour tout ce que vous avez fait durant ces cinq années, je vous remercie… Je sais bien que vous partez le cœur en paix, acceptant en esprit de foi et avec confiance, la nouvelle situation. Je suis sûr que d'autres seront heureux de profiter de vos qualités et de votre expérience.

Le père Falcon a la joie de revoir le Dahomey. A Djimé, petit séminaire situé près d’Abomey, il travaille, comme autrefois à Saint-Gall de Ouidah, à la formation du clergé dahoméen. Il va donc se remettre à l'enseignement et il va s'occuper aussi d'un petit village voisin : il faudrait me remettre au fon comme je m'étais remis à l'anglais. Son adaptation à Djimé n'est cependant pas facile, physiquement et psychologiquement. Il pense alors revenir à Lyon pour suivre une année de recyclage en théologie et aller ensuite à l'ISCR à Abidjan, où l'abbé Isidore de Souza le réclame.

En novembre 1976, le père Falcon est effectivement à Abidjan et tout à fait adopté à l'ISCR où on le considère comme le "vieux" que l'on applaudit beaucoup le jour de l'ouverture. Il est heureux de constater la bonne entente entre étudiants et professeurs. Il a beaucoup de travail, mais il s'y intéresse. Ce seront ses dernières années.

En 1980, il rentre en congé pour quelques mois. Comme chaque fois qu'il était en France pour l'été, le père Falcon était aux Houches dans son cher massif du Mont-Blanc. Après une sortie en montagne, le lundi 4 août, il contacta son médecin ; son cœur donnait des signes de fatigue. Le mercredi 6 au soir, il faisait cependant une longue conférence sur l'Afrique, très appréciée par les vacanciers.

Dans la nuit, il s'éteignait brusquement, sans doute d'une crise cardiaque. Après une belle célébration avec les amis des Houches, la messe d'enterrement avait lieu à Sainte-Marie de la Guillotière à Lyon, messe concélébrée par trente-cinq confrères. Le père Jean Bonfils prononça l'homélie : Partout où il est passé, le père Falcon a eu le souci d'aider une Eglise locale à naître. C'était la vocation de monseigneur de Brésillac aux Indes. C'est la vocation de la Société en Afrique. Ce fut la vocation du père Falcon pour qui il n'existait pas de projet personnel qui ne s'inscrive dans le projet de l'Institut auquel il appartenait et de l'Eglise qu’il voulait servir.