Imprimer

LeSociété des Missions Africaines - Province de Lyon

ROBERT Rene né le 30 septembre 1900 à St-Mathurin-sur-Loire
dans le diocèse d’Angers, France 
membre de la SMA le 31 juillet 1921
prêtre le 29 juin 1925
décédé le 13 août 1984

1925-1933 Offémont, professeur
1933-1936 Tanta, Egypte, professeur
1946-1952 Mahalla, Egypte, supérieur
1952-1955 Zeitoun, Egypte, supérieur
1955-1960 Sakakini, Egypte, aumônier d’hôpital
1960-1969 Chanly, Belgique, directeur spirituel
1969-1978 Lyon, responsable du musée
1978-1983 Lyon, 150

décédé à Lyon, France, le 13 août 1984
à l’âge de 83 ans


Le père René ROBERT (1900 - 1984)

René Robert est né à Saint-Mathurin-sur-Loire, dans le Maine-et-Loire, le 30 septembre 1900. Il est baptisé le même jour. Il fréquente l’école primaire à Angers et poursuit ses études secondaires à Pont-Rousseau. Il rejoint ensuite Chanly, en Belgique, pour ses deux années de philosophie et son noviciat. C’est là qu’il fait son serment le 31 juillet 1921. Après ses études de théologie au 150 à Lyon, il est ordonné prêtre le 29 juin 1925.

A cause de sa santé fragile, ses supérieurs préfèrent ne pas l’envoyer tout de suite en Afrique. Il est nommé professeur de littérature à l’école apostolique d’Offémont dans l’Oise. Deux ans plus tard, il demande son départ pour l’Afrique, soulignant qu’il est incompétent dans l’enseignement et qu’il y a sûrement des missions où une petite santé peut faire beaucoup de bien. Il désire seulement un petit poste délaissé, ignoré, où je pourrai rendre plus de services qu’ici. Pour toute réponse, son supérieur, le père Laqueyrie, lui demande de faire généreusement le sacrifice de ses préférences. Le père Robert continue donc son travail d’enseignant à Offémont. Il y restera 8 ans.

Le 30 août 1933, il reçoit une lettre urgente du Conseil provincial lui demandant de partir au plus vite en Egypte pour remplacer le père Frédéric Brachet qui vient de mourir au collège de Tanta. Trois semaines plus tard, le père Robert s’embarque pour l’Egypte et il sera professeur au collège Saint-Louis de Tanta pendant 13 ans, de 1933 à 1946.

En 1946, le père Robert est nommé supérieur de la paroisse de Mahalla. Il y rencontre des difficultés dues à sa mauvaise maîtrise de la langue, sa peur de s’exprimer en public et de visiter les familles. Mal à l’aise, il demande à rentrer en France, mais on le maintient à son poste. En 1951, c’est la construction d’une maison d’accueil pour la jeunesse musulmane, entreprise par l’abbé Gohargui, qui lui fait peur. Il craint une réquisition de l’Etat, mettant son école en péril, si la maison ne fonctionne pas bien. En 1952, il devient supérieur de la paroisse de Zeitoun. Remplacé par le père Joseph Porcherot en 1955, il est nommé vicaire à Sakakini pour remplir la charge d’aumônier de l’hôpital français de l’Abbassieh.

Par une lettre du 31 août 1960 du père Antonin Bruyas, provincial, il est nommé directeur spirituel au noviciat de Chanly. Il va travailler plusieurs années avec les pères Patient Redois et Jean Bonfils, très soucieux de la formation spirituelle des novices. Son cœur est toujours en Egypte et il reste en relation épistolaire très régulière avec un de ses confrères sur les bords du Nil, le père Louis Jacquot. Au cours de l’année scolaire 1968-1969, il accepte, en esprit de service, de rester à Chanly, dans une maison vide, pour tenir compagnie au père Henri Veneau et veiller méticuleusement à la liquidation du matériel de la maison qui vient d’être vendue.

Le 7 juin 1969, le père Robert est nommé à Lyon au 150, responsable du musée. Sa culture égyptienne et déjà négro-africaine l’a préparé à remplir cette tâche avec le maximum de compétences. C’est aussi un homme sympathique et accueillant, en même temps que de grande discrétion. Il prépare une nomenclature de tous les objets exposés au musée. Il rédige un long document sur l’Egypte et le musée, et commence ses notes sur l’Afrique Noire. A son départ, il laissera plus de mille pages dactylographiées.

De 1975 à 1978, le musée est fermé pour être totalement réaménagé. Il est donc au chômage technique. Il profite de ce temps pour travailler sur les Ouéménous et rédige des fiches explicatives sur tous les objets qui seront exposés dans le nouveau musée. C’est l’époque où il connaît de petits ennuis de santé qui le démoralisent quelquefois. Se sentant fatigué, il demande à être remplacé dans son service. C’est le père René Faurite qui prendra la responsabilité du musée rénové.

Le 22 juin 1975, il a la joie de célébrer ses 50 ans de sacerdoce au milieu de ses confrères du 150 et il désire demeurer dans cette maison pour y prendre sa retraite. Cela lui est accordé. Il va vivre à Lyon sans responsabilité, mais en restant très présent à la vie de la communauté, toujours prêt à rendre de menus services et continuant son inventaire descriptif des objets exposés au musée. Le 30 septembre 1980, la communauté du 150 rend grâce pour ses 80 ans d’existence et ses 55 ans de sacerdoce dans une joyeuse fidélité au service du Seigneur.

Quatre ans plus tard, toujours au 150, il nous quittait. C’était le 13 août 1984 ; il avait 84 ans, mais il était resté toujours jeune d’esprit, plein de vivacité, heureux de faire des jeux de mots et aimant bien qu’on le taquine.

Au cours de l’homélie de ses funérailles, le père Paul Chataigné donnait ce témoignage. Je garde de lui une dernière image et un petit billet. L’image date d’il y a 8 jours. C’est celle du père Robert juché sur un escabeau à plus de deux mètres, et expliquant à nos trois séminaristes irlandais comment il fallait peindre le plafond. Quand au billet, il me l’a remis la veille de sa mort. Il y répondait aux questions que posaient nos jeunes confrères sur les différentes maisons de la SMA à Lyon depuis la fondation de la Société. Il y avait écrit sa réponse : Première maison, 9 chemin du Petit Sainte-Foy ; en 1860, 248 grande rue de la Guillotière ; depuis 1871, cours de Brosse, actuellement 150 cours Gambetta… Ce ne sont que de petits détails. Mais de quoi sont faites nos vies, sinon de petits détails ? Comme nos communautés seraient plus vivantes et plus rayonnantes si chacun de nous avait le souci de donner le meilleur de lui-même avec les talents qu’il a reçus, petits et grands. Le père René Robert a toujours su, discrètement et humblement, donner le meilleur de lui-même, partout où il est passé.