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Société des Missions Africaines

né vers 1885 à Ligné
dans le diocèse de Nantes, France
membre de la SMA en octobre 1908
décédé le 25 septembre 1915

1909-1912 missionnaire en Egypte, Tanta
1913 malade
1914-1916 mobilisé

décédé au front, en Champagne, le 25 septembre 1915 1916


Le frère Alexis SÉCHER (1885 1916)

"Vie humble et laborieuse
services sans nombre et de tout genre :
maçon, menuisier, forgeron, vitrier, électricien, sacristain."

Alexis SECHER est né à Ligné le 19 février 1885 (Loire Atlantique), dans le diocèse de Nantes. Le village se situe à quelque 25 kilomètres au N.E. de Nantes. Rien sur sa famille et sa jeunesse.
Il entre aux Missions Africaines et en devient membre en octobre 1908
Il est alors question de l'envoyer au Nigeria (à Abéokouta), mais Mgr Lang ne veut pas de Frères dans son vicariat; pas même le Frère Alexis qui a pourtant bonne réputation (cf. lettre du P. Coquard, du 12 octobre 1908). Il n'a d'ailleurs pas encore fini son noviciat; il n'est "pas disponible" (Mg~ Pellet)

Une lettre du P. Moison, supérieur de Pont Rousseau, de mai 1909, le présente ainsi: "Pieux, intelligent et débrouillard… ne convient pas pour Shendam.. à cause de sa pauvre santé. Souvent arrêté par les rhumatismes et la fièvre. Mes confrères le croient usé par le travail et bien des imprudences qu'il a faites dans le monde ou au service où il a été réformé. Moi, je ne suis pas tout à fait de leur avis. Je crois qu'il peut rendre de grands services ici ou en Egypte.

C'est un très bon menuisier et peut s'occuper de tout de qui regarde la bâtisse mais il ne faut pas lui parler de bêche ou de charrue, il n'y entend pas grand-chose et n'aime pas cela. Mais il ne pourra guère nous quitter avant septembre."

Le 8 suivant, Mgr Pellet écrit au Frère, qui est à Pont Rousseau: "Le Conseil de la Société vient de vous désigner pour 1'Egypte où un Frère est demandé avec instance. Il faudrait que vous puissiez prendre le paquebot à Marseille, le 23 de ce mois. Nous avons toute confiance que par votre dévouement et vos travaux vous vous rendrez grandement utile dans votre mission."

Le même jour, Mgr avertit le P. Villevaud, visiteur en Egypte: "Le Frère Alexis est excellent menuisier et très bon serrurier, et d'ailleurs habile en tout et extrêmement actif. Il s'embarquera probablement le 23 courant avec le P. Perraud."

De même, au P. Moison : "Nous avons nommé le Frère Alexis pour l'Egypte ; nous croyons que, vu son tempérament de feu, il sera mieux là que dans une de nos missions de la Côte où, peut-être, son ardeur ne lui permettrait pas de prendre toutes les précautions nécessaires pour sa santé. On a d'ailleurs grand besoin d'un Frère en Egypte. Il devra partir le 23 de ce mois, de Marseille. Je pense qu'il pourra être prêt."

Le 16 septembre, le P. Moison fait savoir à Mgr Pellet: "Le Frère Alexis est heureux de sa nomination et vous en remercie; il sera prêt pour le 23. La semaine prochaine, il entre en retraite afin de faire son serment pour 2 ans, le dimanche 19."

Mgr confirme au P. Moison, le même jour: "Il est bien que le Frère Alexis parte le 23, car on a grand besoin de lui en Egypte. Vous pouvez recevoir le serment pour deux ans du Frère Alexis."
Deux jours plus tard, le P. Moison confirme à son tour; "Le Frère Alexis vous arrivera sûrement le 22 septembre. il est d'un dévouement sans borne,. Il manquera bien ici."

Le 27 septembre 1909,ie P. Villevaud annonce "1'arrivée du Frère. Il peut rendre de réels services à Tanta. Les écoles de Zifta et Mahalla s'ouvriront vendredi prochain."

Le Frère est donc nommé à Tanta, où il est à son affaire: il y a tant de travaux à entreprendre. Mais, dès juillet 1910, alerte sérieuse de santé pour le Frère. "Il est à l'hôpital français; il a eu plusieurs attaques de nerfs. Le docteur de Tanta et celui de l'hôpital soignent, disent-ils, un hystérique. Ce sont des accès nerveux avec cris, convulsions, et paralysies partielles. Il est difficile de garder en mission un homme atteint de cette maladie; c'est en trois mois, la troisième attaque. Quand il sera un peu remis, je lui dirai de surveiller un peu son système nerveux, et surtout de ne jamais jouer la comédie, autrement nous ne pourrions le garder" (lettre du P. Villevaud, du 12 juillet).

Cependant, le Frère se remet peu à peu, et tient encore pendant quelques mois. Le 20 septembre 1911, le P. Villevaud est autorisé par Mgr Pellet à "recevoir le serment pour quatre ans du Frère Alexis."

Mgr écrit le même jour au Frère; "Vous êtes admis à renouveler votre serment pour 4 ans Nous ne doutons pas que vous continuiez à vous dévouer aux oeuvres de la mission pour le bien des âmes, dans la piété, l'obéissance et l'amour du travail, dont vous avez fait preuve jusqu'ici."

En janvier 1912, le Frère est toujours en Egypte. Le 23 février suivant, Mgr Pellet fait savoir au P. Brédiger : "Le Frère Alexis souffre d'une maladie des nerfs qui le rend inapte à rendre les services que vous désireriez de lui. Malgré sa bonne volonté, sa présence à Chanly ne serait pas utile. Nous n'avons pas d'autre Frère qui puisse servir de menuisier instructeur."

Peu après, après avoir rendu de grands services à Tanta, le Frère est obligé de rentrer en France pour se soigner; et il y reste. Survient la guerre de 1914-1918. Il avait été réformé, et aux premiers jours de la mobilisation, quand il voit partir ses confrères, il regrette l'état précaire de sa santé qui "l'empêche de voler au secours de la France injustement attaquée." Cependant quelques mois plus tard, il est appelé à l'armée, où il est affecté à plusieurs régiments: 65ème d'infanterie à Nantes; 6ème génie, puis 3ème génie ; en 1915, il est au 97ème d'infanterie.

L'abbé Sécher, un parent, écrit : "Il avait fait son temps dans les poudres comme ouvrier d'art, et était caporal. Ayant été blessé, il a été renvoyé chez nous, puis repris comme simple soldat. Il est mort comme simple soldat. Il a eu des citations, mais je ne sais même pas leur texte. Il a été frappé d'une balle au front, au moment où il quittait la tranchée pour aller à l'assaut.
C'était le 25 septembre 1915, comme en témoigne sa fiche dans "Mémoire des hommes". Il est mort à Mesnil-les Hurlus, dans la Marne.

Une vie pleine de talents qui,
à part quelques mois en Egypte,
n 'a pu développer toutes ses possibilités
pour raison de santé
et à cause de la guerre.