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Société des Missions Africaines –Province de Lyon

SOULE Bernard né le 23 septembre 1930 à Irissary
dans le diocèse de Bayonne, France
membre de la SMA le 25 juillet 1951
prêtre le 7 décembre 1954
décédé le 25 septembre 1970

1955-1968 missionnaire au Dahomey
Abomey, Savé
1968-1970 malade en France

décédé à Irissary, France, le 25 septembre 1970,
à l'âge de 40 ans


Le père Bernard SOULÉ (1930-1970)

Bernard Soulé est né le 23 septembre 1930 à Irissarry, petit village basque qui a donné quatre missionnaires à la SMA. Ses parents élèvent neuf enfants, leur donnant une éducation chrétienne solide et le sens de l’effort.

En 1941, Bernard entre à Baudonne, puis rejoint Pont-Rousseau de 1945 à 1949. Son curé, pour les vacances, fournit des renseignements élogieux de piété, de relations, de bon esprit, de service. En 1949, à Pont-Rousseau, il fait une chute grave du haut du préau et qui laisse des séquelles. Après son noviciat à Chanly, il devient membre de la SMA le 25 juillet 1951, puis il intègre le grand séminaire au 150, à Lyon, où il est ordonné prêtre, le 7 décembre 1954

Affecté à Baudonne en juin 1955, sa nomination change au cours des vacances et, le 26 octobre 1955, il s’embarque pour le Dahomey.

D’abord vicaire à Saint-Michel de Cotonou, il est affecté à Abomey avec le père Demeyère. Il exerce un ministère pastoral traditionnel avec zèle, mais avec un peu de rudesse, étant exigeant pour lui-même et pour les autres. Après son congé en 1960, il rejoint, de nouveau, le Dahomey mais, en 1961, le supérieur régional le trouve affaibli. Le père Demeyère prend bien soin de lui et n’accepte pas qu’on le lui retire. En 1966, il est affecté à Savé avec le père Chipot, puis à la paroisse du Bon-Pasteur d’Abomey, mais ne termine pas son séjour, vu qu’il rentrera malade en juin 1968.

On sait peu de choses sur ce temps passé au Dahomey, car le père Soulé était un homme d’une grande discrétion et qui écrivait peu. On sait seulement qu’il ne se ménageait pas, partant souvent dans les villages et y demeurant plusieurs jours. Monseigneur Agboka, son évêque, proposera de le reprendre, à condition que le père accepte un rythme de vie plus calme et plus en rapport avec sa santé.

Commencent alors pour lui, en France, deux années pénibles dues à une maladie difficile à identifier, mais causant maux de tête et très forte tension. Le père Falcon, Provincial, lui propose un recyclage à l’Arbresle, que le père accepterait avec plaisir, après un repos en son village. Mais ses souffrances l’empêchent d’aller au recyclage : maux de tête continuels et violents, arthrose cervicale et lombaire. Cette arthrose serait-elle due à sa chute de 1949 ? Possible !

À Baudonne, le père Grenot constate une amélioration et lui laisse espérer un retour au Dahomey, comme vicaire du père Ibarreta à Bohicon. On est en décembre 1968. Le père se sent bien et écrit, en février 1969, qu’il veut repartir dès que possible. Mais le 4 avril, sa sœur religieuse, Marie-Gracieuse, annonce que son frère est hospitalisé à Pau, souffrant de plus en plus. Il lui est interdit de lire et d’écrire. Examens, tests, analyses, radios sont multipliés. Tout s’avère négatif. En juin, il ressent une amélioration et se reprend à espérer un retour au Dahomey dont le souvenir ne le quitte pas.
Le 29 juillet, le père est opéré à Toulouse. Puis, il est accueilli chez les pères jésuites de Pau, durant un mois, avant de rejoindre sa famille, le 31 août 1969. La convalescence se passe bien à Baudonne et à Irissarry. En décembre 1969, appréhension et espoir alternent. En avril 1970, il se dit en bonne forme et envisage de partir en Afrique en octobre ; c’est chez lui une idée fixe. Son séjour chez les jésuites de Pau lui permet d’apprécier vraiment la vie fraternelle qui existe dans la SMA : S’ils ont le monopole de l’intelligence, nous, nous avons le charisme de la vie de famille.

En août 1970, nouvelle alerte, alors qu’il est dans sa famille. En septembre, on le ramène dans une clinique de Pau. Le 18, un père jésuite trouve son état alarmant. Une leucémie, s’inquiète sa sœur. Le 23, un confrère informe le père de son état et il reçoit le sacrement des malades, acceptant avec sérénité sa fin prochaine. Le 23 septembre 1970, il a eu 40 ans mais, le 25 septembre, c’est sa naissance au ciel. Le jour même de sa mort, il confiait à un ami : Si le Seigneur pense qu’à 40 ans j’ai assez travaillé pour lui, que sa volonté soit faite !

Ses obsèques sont célébrées à Irissarry, en langue basque, sous la présidence de l’évêque de Bayonne. Une foule nombreuse se rassemble. Le conseil municipal est là, au grand complet, le frère de Bernard étant maire de la commune.

Le père Grenot évoque, en son homélie, le cheminement admirable de sa vie missionnaire et du calvaire de ses dernières années. A partir de 1955, j’eus à faire avec Bernard jusqu’en 1966, soit pour les écoles, soit pour la Légion de Marie, soit pour le journal La Croix au Dahomey. Avec Bernard, homme de Dieu, dont le visage était toujours éclairé par un bon sourire, un brin timide, mais toujours plein d’entrain et de volonté, je n’eus jamais de problème. Si une difficulté survenait, on le trouvait toujours conciliant, accueillant aux conseils donnés et obéissant avec reconnaissance. Sa sœur, qui l’a beaucoup accompagné dans sa maladie, le désignait comme un frère et un ami universel qui était aimé de tous. Nul ne l’a connu sans l’aimer. Il allait à Dieu avec sa foi, aux siens avec son cœur, à tous avec son amabilité.