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Société des Missions Africaines - Province de Lyon

SCIAMMA Gabriel né le 18 octobre 1913 au Caire
dans le vicariat apostolique du Delta du Nil, Egypte
membre de la SMA le 18 juillet 1937
prêtre le 6 janvier 1941
décédé le 10 octobre 1990

1941-1944 Chamalières
1944-1945 Bron (Lyon)
1946-1947 Tanta, Egypte, étude de l'arabe
1947-1953 Choubrah, Egypte, œuvres de la jeunesse
1953-1983 Sakakini, Egypte
1983-1990 Sakakini, retiré

décédé au Caire, Egypte, le 10 octobre 1990
à l’âge de 77 ans


Le père Gabriel SCIAMMA (1913 - 1990)

Gabriel Sciamma est né le 18 octobre 1913 au Caire, en Égypte. Ses parents sont israélites, mais de nationalité italienne. Dans son adolescence, il se convertit au catholicisme et reçoit le baptême le 8 juin 1938, à la paroisse du Sacré-Cœur de Sakakini, au Caire. Sa mère meurt à 30 ans. Sur ses sept enfants, cinq vont se convertir au catholicisme, et deux deviendront religieuses.

Gabriel fait ses études primaires à Daher, chez les Frères des Écoles Chrétiennes ; il continue, chez eux, ses études secondaires, en rejoignant la ville du Caire. Puis, il fait des études juridiques à l’école française du Caire.

Peu après son baptême, Gabriel ressent un appel à devenir prêtre, et demande à entrer aux Missions Africaines. Accompagné par le père Legrand, il vient en France à la mi-juin 1935, passe quelques semaines à Lyon, puis s’en va à Tournai, en Belgique, pour saluer ses deux sœurs qui sont au noviciat de la Congrégation de la Mère de Dieu. Il y passe une semaine, puis se rend à Chanly pour y étudier la philosophie, et y faire son noviciat. Il devient membre de la SMA le 18 juillet 1937. Au cours de ses vacances, il fait un séjour d’un mois à Chamalières. En octobre 1937, il vient au "150", à Lyon, pour ses études de théologie. Pendant la guerre, il va perdre une de ses sœurs religieuses, victime d’un bombardement. Il est ordonné prêtre, dans la chapelle du séminaire, le 6 janvier 1941.

Le père Sciamma est alors affecté au petit séminaire des Roches, à Chamalières. Il est professeur de 6ème pendant un an, puis préfet de discipline pendant trois ans. C’est une lourde charge. A lui seul, il assure 5 heures de surveillance par jour. Les jeudi et dimanche, c’est une surveillance de 5 heures du matin à 8 heures du soir. Par ailleurs, il est aumônier d’un préventorium. Quand le séminaire se déplace à Romagnat, il fait, à la demande du curé, le catéchisme aux enfants, avec beaucoup de succès. Son supérieur voudrait lui interdire toute activité pastorale, pour qu’il puisse se consacrer totalement à la maison des Roches. Devant cette situation, fin mai 1944, le père Sciamma écrit à son provincial pour lui demander de quitter Chamalières, où l’on abuse de sa bonne volonté, et pour pourvoir exercer un ministère paroissial. En juillet 1944, il rejoint le maison provinciale de Lyon, et devient vicaire à la paroisse de Bron. En octobre 1945, il est affecté à la procure de Paris, en attendant de pouvoir rejoindre l’Égypte.

Dès son arrivée dans le delta du Nil, en janvier 1946, il est affecté au collège Saint-Louis de Tanta pour y étudier la langue arabe. En septembre 1946, il est nommé vicaire à la paroisse Saint-Marc de Choubra, spécialement chargé des œuvres de jeunesse. Il s’occupe particulièrement des Cœurs Vaillants et de la Légion de Marie.
En septembre 1953, le père Sciamma devient vicaire à la paroisse du Sacré-Cœur de Sakakini, et aumônier des Dames du Sacré-Cœur. A cette époque, il donne beaucoup de retraites spirituelles, et organise des colonies de vacances pour les jeunes de sa paroisse.

En 1956, le canal de Suez est nationalisé ; l’intervention franco-anglaise échoue, et le conflit avec Israël perdure. Le père voit, avec tristesse, toute sa famille quitter l’Égypte. Seule reste sa sœur religieuse. Tous ses frères ont trouvé du travail à Paris, Dôle et Pontoise.

En juin 1966, il vient en France pour un bilan de santé. Ce congé va lui donner la joie de revoir son frère Joseph, à Gennevilliers, son frère Paul et ses neveux, à Pontoise. Fin juillet, après une visite à Rome, il prend le bateau à Naples pour Beyrouth où travaille désormais sa sœur religieuse. Il a pu, ainsi, le temps d’un été, revoir sa famille.

En 1970, le père Sciamma devient curé de Sakakini. Il continue à assurer 13 heures d’enseignement religieux par semaine, au collège des Frères des Écoles Chrétiennes, dans les classes du secondaire et de terminale. Ce travail lui plaît. Il se trouve à l’aise avec les jeunes : C’est de là que vient ma jeunesse, écrit-il à un ami.

En 1983, les pères comboniens prennent en charge la paroisse du Sacré-Cœur de Sakakini, et héritent de la maison sma. Le père Sciamma peut y garder une chambre et un bureau, et continuer son apostolat auprès des jeunes. C’est, pour lui, un temps de retraite active dans un milieu qu’il connaît bien.

Le 7 octobre 1990, le père est venu passer une journée dans une famille, mais il ne se sent pas en forme. Le lendemain, le père Jean Lebrun le conduit à l’hôpital italien : sa tension est bonne, son cœur normal, et le docteur ne juge pas nécessaire de l’hospitaliser. Il revient donc chez lui. Mais, le 9 octobre, sa santé inquiète les pères comboniens, et il est hospitalisé. Le 10 octobre, un peu fatigué, il attend patiemment le résultat de ses analyses. Vers 18 heures, on appelle le médecin de garde pour faire un électro-cardiogramme. Il est trop tard, le cœur a cessé de battre.

Ses obsèques auront lieu le lendemain, 11 octobre 1990, à 16 heures. Monseigneur Egidio Sampiéri, vicaire apostolique du Delta du Nil, préside la célébration. Il dira dans son homélie : Qui ne connaissait pas le père Gabriel Sciamma, au Caire ? Il était l’ami de tous et tout le monde l’aimait. Il continuera sa mission, interrompue en Égypte, en priant pour nous. Il fut un grand catéchète, car il avait un esprit apostolique qui lui permit de travailler beaucoup auprès des jeunes, et, malgré ses 77 ans, il faisait encore des projets quand le Seigneur est venu le chercher le 10 octobre 1990.