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Société des Missions Africaines –Province de Strasbourg

RIEMER Jerome né le 29 janvier 1909 à Ettendorf
dans le diocèse de Strasbourg, France
membre de la SMA le 29 juillet 1928
prêtre le 8 janvier 1933
décédé le 5 novembre 1967

1933-1934 missionnaire au Togo, Sokodé
1934-1939 Haguenau, professeur
1939-1945 curé de plusieurs paroisses en Alsace
1945-1965 Haguenau, professeur
1965-1967 Haguenau, retiré
1967 Zinswald, retiré

décédé au Zinswald, France, le 5 novembre 1967,
à l'âge de 58 ans


Le père Jérôme RIEMER (1909 - 1967)

Jérôme Riemer est né le 29 janvier 1909, à Ettendorf, au diocèse de Strasbourg. Il fit ses études secondaires dans les écoles apostoliques des Missions Africaines : à Andlau en 1920-1921, à Saint-Pierre en 1921-1922 et à Bischwiller en 1922-1926. Suivirent deux années de philosophie, en même temps que le noviciat, à Chanly en 1926-1928, et quatre années de théologie à Lyon en 1928-1930 et 1931-1933. Une année de service militaire à Remiremont, en 1930-1931, avait interrompu son séjour au séminaire. Il avait fait le serment d’adhésion à la s.m.a. le 29 juillet 1928. Il fut ordonné prêtre à Lyon par Mgr Hauger, le 8 janvier 1933.

À l’automne de 1933, il s’embarque pour le Togo, débarque à Lomé, d’où il doit gagner Sokodé, la mission de son affectation. La prise de contact fut un peu rude. Le Père prend le train à Lomé jusqu’à Atakpamé. De là un camion l’emmène à Sokodé, où il arrive le 27 octobre. C’était le soir. Par suite d’un malentendu, le supérieur de la station est absent. Voilà donc notre jeune missionnaire, fatigué, et bientôt fiévreux, arrivant dans un pays inconnu, seul, avec des gens inconnus parlant une langue dont il ne comprend pas un mot. Pourtant enfin, le premier émoi passé, et surmontés les malaises des premiers jours, sans perdre courage il se met au travail.

Sokodé, qui est maintenant le siège d’un évêché, n’était qu’une mission débutante. Fondée le 14 janvier 1929, sous le patronage de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, elle ne réunissait en 1933 qu’une centaine de personnes, chrétiens ou catéchumènes. Une chapelle avait été construite. Il n’y avait pas de stations secondaires. C’est dire que l’œuvre d’évangélisation restait presque entière. Le Père Riemer était un homme de cœur, et il voulait se donner fermement à cette tâche missionnaire. Malheureusement son activité fut arrêtée au bout de quelques mois seulement par la maladie. De santé déjà fragile, il ne put vaincre les méfaits des conditions climatiques et, les médecins consultés, il fallut recourir au rapatriement.

En mai 1934, le Père était de retour au pays natal. Il revit les médecins et reprit des forces. En septembre, il vint résider à la maison de Haguenau. Il devait être professeur à l’école apostolique pendant 25 ans, de 1934 à 1939 et de 1945 à 1965. Il enseigna surtout en classe de 5e et beaucoup de jeunes élèves furent formés par lui. On le savait exigeant et on le trouvait sévère. Mais ces jeunes purent témoigner plus tard du soin avec lequel il préparait pour eux les classes et avec quel art il parvenait à leur donner l’amour des langues anciennes et des choses de l’antiquité. Ils ont gardé de lui le souvenir d’un éducateur de grande valeur et d’un entier dévouement.

En plus du professorat, il exerçait divers services d’auxiliaire dans les œuvres pastorales. Ainsi, avant la guerre de 1939, il fut occupé dans les paroisses de Schweighouse, Weitbruch, Drusenheim, Kaltenhouse. En 1939, il ne fut pas mobilisé, mais fut doté d’une affectation spéciale pour le culte, et, en tant que tel, il fut nommé vicaire à Schleithal. C’est dans ces conditions qu’il rejoignit les réfugiés alsaciens en Haute-Vienne, d’abord à Saint-Léger-Magnazeix, où se trouvaient 650 paroissiens de Schleithal, puis, à partir de janvier 1940, à Azat-le-Ris avec les réfugiés de Wingen. Au mois d’août 1940, les réfugiés rentrèrent dans leurs villages. Le Père Riemer, de retour également, séjourna d’abord à Haguenau. Mais nos écoles étaient fermées. Le Père se mit entièrement au service des paroisses. Il fut administrateur de Morsbronn de décembre 1941 à octobre 1942 et exerça les mêmes fonctions de responsable de paroisse à Mittelbronn, au diocèse de Metz, de novembre 1942 à 1945.

En 1945, la guerre terminée, on envisagea sans tarder la réouverture de nos écoles. Le Père Riemer revint à Haguenau. Il reprit sa tâche d’enseignement et assura en même temps les fonctions de vicaire de dimanche, à Pfaffenhoffen en 1945-1948, et à Reichshoffen en 1949-1965. Dans ce dernier poste, il fut tout particulièrement occupé comme pasteur de Jaegerthal, commune qui était confiée pour les dimanches à la paroisse de Reichshoffen. M. le curé de Reichshoffen fera l’éloge de son zèle pastoral comme prédicateur, comme confesseur, et il se rappellera aussi avec plaisir les agréables conversations des dimanches soirs, après les offices : à ce sujet, il nous dira que, le plus souvent et le plus volontiers, le Père parlait des missions car il avait été missionnaire dès son jeune âge. Les paysages du Togo, qu’à son grand regret il n’avait vus que pendant quelques mois, étaient toujours devant ses yeux.

Le Père dut cesser de travailler en 1965. Malade, il fut hospitalisé à la Clinique Saint-Damien à Mulhouse. Il revint à Haguenau et y resta jusqu’en 1967. Mais finalement, il se rendit au Zinswald où il pensait prendre un repos prolongé. Sa santé était de plus en plus précaire. Le cœur était fatigué. Deux jours après son arrivée à Zinswald, il mourut subitement, pendant la nuit, sans que rien n’eut laissé prévoir une fin si rapide. C’était le 5 novembre 1967, il était âgé de 58 ans. Ses obsèques furent célébrées à Ettendorf le 8 novembre. Mgr Lingenheim présida la messe concélébrée. Le Père Muckensturm prononça l’homélie. Le Père fut inhumé au cimetière de sa paroisse natale.