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Société des Missions Africaines - Province de Lyon

ROPELEWSKI Alfred né le 20 octobre 1926 à Saint-Genes-Champanelle
dans le diocèse de Clermont-Ferrand, France
membre de la SMA le 27 octobre 1947
prêtre le 11 février 1952
décédé le 19 novembre 1997

1952-1956 Daloa, Côte-d'Ivoire 
1956-1962 Chaponost, professeur et économe
1962-1967 Gagnoa, séminaire
1968-1971 Sassandra (San Pedro)
1971-1974 Chaponost, supérieur et économe
1975-1980 Chamalières, supérieur et économe
1980-1997 Saint-Beauzire, paroisse (Clermont-Ferrand)

décédé à Saint-Beauzire, France, le 19 novembre 1997
à l’âge de 71 ans


Le père Alfred ROPELEWSKI (1926 - 1997)

Le 20 octobre 1926, à Fontfreyde, un hameau du village de Saint-Genès-Champanelle, dans le Puy-de-Dôme et dans le diocèse de Clermont-Ferrand, naît Alfred Ropelewski. Son papa, Alexandre, était un émigré polonais, cultivateur de son état et marié à une française, Francine Lallas. Ils étaient trois garçons dans la famille ; un quatrième était mort très jeune.

Après ses études primaires dans son village, il entre à l'âge de 11 ans, en 1937, au petit séminaire de Chamalières et continue ses études à Pont-Rousseau, dans la région nantaise. Il entre au noviciat à Chanly, en Belgique, le 15 octobre 1945. Deux ans plus tard, il est au grand séminaire de Lyon où il prononce son serment qui le fait membre des Missions Africaines le 27 octobre 1947. Après un an de service militaire en 1948-1949, il retrouve le 150. C'est là, le jour de la fête de Notre-Dame de Lourdes, le 11 février 1952, qu'il est ordonné prêtre.

Le 1er août 1952, il reçoit la lettre suivante, signée du père Boucheix, son provincial : Comme vous vous y attendez un peu, le Conseil provincial vous a donné une affectation pour l'Afrique et mis à la disposition de monseigneur Kirmann, vicaire apostolique de Sassandra. Il est nommé vicaire à Daloa. Mais, il n'y reste que quatre ans, car, dès son premier congé, il est retenu en France pour être professeur à Chaponost.

Au bout de quatre ans, en 1960, il est nommé économe de la maison de Chaponost. Après deux ans de ce travail, il écrit au Conseil provincial, le 20 mars 1962 : Permettez-moi de vous rappeler que je suis à Chaponost depuis six ans et que je désirerais repartir en Afrique, de préférence dans l'enseignement. Quelques mois plus tard, il a la joie de recevoir la nomination suivante : Le Conseil provincial n'ignorait rien de votre désir de retourner en Côte-d'Ivoire, et, puisque les circonstances nous permettent d'y accéder, c'est avec plaisir que nous vous donnons votre nomination pour le diocèse de Gagnoa. Cette fois, il va rester neuf ans en Côte-d'Ivoire, cinq ans comme professeur au petit séminaire de Gagnoa, puis quatre ans comme curé de Sassandra, l'ancienne résidence du vicaire apostolique.

Lors de son congé de 1971, il demande à ses supérieurs la permission de souffler un peu. Une telle demande est d'autant plus facile à accorder que cela permet de combler un poste en France. Le 2 juillet 1971, le père provincial lui écrit : Le Conseil provincial a accepté volontiers votre demande de "pauser" en France pendant un certain temps, après vos nombreuses années de labeur en Côte-d'Ivoire. Nous sommes heureux de pouvoir vous confier la charge de la maison de Chaponost où les confrères vous réservent un bon accueil. Cette charge est à la fois celle de supérieur et celle d'économe… Il faut préciser que cette maison n'est pas seulement une procure dont la bonne marche, toutefois, est très importante pour la Province, mais elle est et doit rester aussi un centre de rayonnement missionnaire. Depuis trois ans, beaucoup de jeunes, avec leurs aumôniers, ont pris l'habitude de venir passer parfois plusieurs jours de réflexion ou de retraite aux Cartières. La maison est connue et son bon renom acquis.

Cette nomination est confirmée en septembre 1973 par le nouveau Conseil provincial. L'année suivante, le père Ropelewski demande à se rapprocher de sa maman âgée et obtient d'être nommé à la maison de Chamalières, spécialement pour les foires. Très vite, il va prendre en charge l'économat, puis la comptabilité. En août 1976, après le départ des derniers novices, il devient supérieur de la maison.

Le 20 septembre 1979, il prend un service pastoral dans le diocèse de Clermont. Il est d’abord nommé à Giat. L'année suivante, en 1980, il s'installe à Saint-Beauzire. Désormais, et jusqu’à sa mort, le 19 novembre 1997, il va demeurer curé de cette paroisse.

Le jour de ses funérailles, le père Michel Dissart, du diocèse de Clermont-Ferrand, introduira la célébration en disant : Alfred s'en va. Il y a eu beaucoup de départs dans sa vie. Aujourd'hui, c'est le dernier départ. Il ne l'a pas choisi : il conduit au cœur-même de Dieu.
Nous pourrions retenir de lui qu'il était un homme de culture :
- Culture familiale. Sa famille humaine dans laquelle il a toujours plongé profondément ses racines. Il vivait à son rythme et il vibrait à son histoire. Que de joies partagées ! Que de peines consolées ! Il y prenait toute sa place, rien que sa place. Son frère Joseph, ses neveux et ses nièces, ses cousins et cousines sont témoins qu'il y était un inlassable bâtisseur de paix.
Et puis, il y avait cette autre famille des Missions Africaines, avec tous ses frères prêtres de Chamalières et de partout, avec sœur Christiane, nda.
- Culture locale. Il s'était attaché à tous ces coins de terre d'Auvergne où il vivait : à Fontfreyde, à Giat, à Malintrat, à Saint-Beauzire. Il cherchait à en pénétrer l'histoire. Toutes ses recherches lui permettaient de se faire plus proche de la terre et des familles.
- Culture africaine. Treize années en Côte-d'Ivoire. Il avait aimé les Ivoiriens, leur manière de faire Église, les liturgies et les célébrations... Par une partie de lui-même, Alfred était resté en Afrique et je crois qu’il y est encore. Avec lui, nous étions, nous aussi, partis en Afrique, tant il nous la faisait partager. Depuis, je finis par croire que, moi aussi, j'y suis allé.
- Culture artistique. Alfred aimait le beau. Il savait critiquer ce qui est laid. Il avait choisi de prendre du temps et de se donner des soucis supplémentaires pour l'amélioration et l'embellissement des lieux de culte à Malintrat et Saint-Beauzire.
- Culture maraîchère. Alfred jardinier ! Il connaissait tout : le moment où il faut planter, les lunes et le temps qu'il fera, quand il faut tailler, enfin tout. Combien de fois l'avons-nous vu penché sur la terre pour la regarder porter semence et donner fruit. Et puis il y avait les premiers haricots et les premières framboises... pour en faire profiter les proches et les amis.
- Culture biblique. Par delà sa connaissance de la Bible, il avait d'abord le souci de transmettre la parole qui est bonne pour aujourd'hui. Inlassablement, il a voulu transmettre la Bonne Nouvelle aux enfants par le catéchisme, aux malades qu'il visitait, à la communauté chrétienne rassemblée pour l'Eucharistie. Pour lui, ce n'était pas d'abord un savoir qu'il distribuait, mais Jésus-Christ qu'il donnait.
Présent parmi nous depuis 17 ans, nous retiendrons d'Alfred ce qu’il était :
- un signal, un point de repère si nécessaire lorsque souffle la tempête,
- un homme disponible : toutes les communautés chrétiennes de l'ensemble pastoral lui ont fait appel à un moment ou à un autre sans qu'il s'impose, simplement pour le service,
- un homme d’écoute et de contact : son oreille avait tant écouté qu'elle avait du mal, depuis quelque temps, à suivre tous les mots,
- un homme fraternel et accueillant : les prêtres de l'ensemble pastoral de la vallée du Bédat en sont témoins depuis toujours.