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lahargou

Société des Missions Africaines – Province de Lyon

Le Père Jules LAHARGOU

né le 14 février 1938 à Suhescun

dans le diocèse de Bayonne, Lescar et Oloron

membre de la SMA le 28 juin 1964

prêtre le 27 décembre 1964

décédé le 14 décembre 2016

 

1965-1966           Lyon                  Licence en théologie

1966-1970           Baudonne           Professeur et animation spirituelle

1970-1977           Baudonne           Responsable

1977-1978           Toulouse            Recyclage à l'institut catholique

1978-1979           Chaponost          Animation missionnaire

1979-1990           Baudonne           Animation missionnaire et vocationnelle

1990-1991           Paris                   Recyclage

1991-1996           Lyon 150           Responsable

1996-1997           Chaponost          Responsable

1997-2016           Baudonne       Responsable

2004-2013           Curé de Tarnos

2006                     Responsable du 150e anniversaire de la SMA

                            pour le sud-ouest de la France

2016                    EHPAD Bayonne      Retiré

décédé à Bayonne le 14 décembre 2016

à l’âge de 78 ans

Jules LAHARGOU 1938-2016

Jules était Basque, un vrai Basque, amoureux de sa langue, de sa terre et de ses habitants. Il était également de cette race qui a su s’exporter au-delà des mers et ouvrir ainsi son cœur et son esprit aux dimensions du monde. Pourtant les aléas de la vie ne lui ont pas permis de vivre la mission à l’extérieur de l’hexagone. Son nom restera attaché à la maison de Baudonne (près de Bayonne) où il restera une grande partie de sa vie. Il y gardera vivante la mémoire du Père Jean Baptiste Castanchoa, un de ses prédécesseurs dans la maison (décédé en 1970). Baudonne c’était Jules, dira-t-on, et Jules, c’était Baudonne.

La préparation…

Jules Lahargou est né à Suhescun, petit village du Pays Basque, non loin de St Jean Pied de Port, le14 février 1938, 7° enfant d’une fratrie de 9. Après l’école communale du village, il va à Baudonne puis à Pont-Rousseau. Philo à Chamalières, Noviciat à Chanly, service militaire à Auch-Toulouse et l’Algérie, Théologie à Lyon : un parcours classique qui l’amène à l’ordination dans son village natal par Mgr Vincent, évêque de Bayonne le 27 décembre 1964

Baudonne, première période 1966-1977

Après sa licence en théologie (mention bien) passée à Lyon en 1966, il est nommé à Baudonne où l’on a regroupé plusieurs établissements, comme professeur et à l’animation spirituelle. En 68 il est vice-supérieur pour seconder le Père JB Audrain, fatigué. En 1969, il est nommé au séminaire-collège Ustaritz dans le diocèse de Bayonne. C’est le 23 février 1970 qu’il reçoit sa nomination pour la Côte d’Ivoire, sans précision de lieu. Mais après avoir fait des examens médicaux, il écrit au Conseil : « le docteur me déconseille l’Afrique, car, pense-t-il, le climat et la vie mouvementée de là-bas ne peuvent avoir qu’une mauvaise influence. Il y a un risque de décollement de la rétine et alors, m’a-t-il dit, : ce serait catastrophique pour moi, et je le comprends. ». Du coup, il est nommé supérieur à Baudonne. Il va y rester 7 ans durant lesquels il s’investit dans l’animation missionnaire et vocationnelle. En 73, il fait un voyage en Afrique pour la connaître : « On a beau avoir beaucoup lu sur l’Afrique, en avoir entendu parler, prendre un contact direct, c’est formidable. J’ai découvert le sens de l’accueil des Africains, leur sens de l’étranger, leur simplicité, la bonne entente des pères entre eux… Je vous assure que cela me fait du bien et cela me réchauffe » (lettre du 7/9/73) Après 10 années passées à Baudonne, il écrit : « C’est ici que j’ai mes racines, langue, peuple, famille, connaissances, travail… et cela n’est pas sans intérêt. »

Petit intermède 1977-1979

En 79, il est autorisé à faire un recyclage qu’il effectue à Toulouse, pour une année de formation des prêtres. L’évêque de Toulouse voudrait le garder comme coordinateur du recyclage à l’Institut Catholique et pour assurer une présence missionnaire. Mais il doit aller à Chaponost pour l’animation missionnaire et vocationnelle. Cela ne durera qu’une année.

Baudonne, deuxième période : 1979-1990

Il est à nouveau à Baudonne à partir de 1979, délégué OPM pour les diocèses de Dax et Bayonne, en devient le supérieur en 1984, puis en 1987 où il effectue un voyage en Côte d’Ivoire et au Bénin : « J’ouvre les yeux, je regarde, j’écoute. Vraiment, c’est pour moi un temps de grâces. » Son expérience d’animation et ses voyages en Afrique renforcent ses convictions et éveillent en lui des projets audacieux : « Et si nous invitions les jeunes à s’engager dans la mission sans engagement à vie, en dehors du sacerdoce et dans ou en dehors du célibat. Tu me diras que c’est la vocation missionnaire de tout chrétien. Oui, là encore, s’agissant d’un véritable ministère d’église, ça serait comme un ministère reconnu… A creuser ! (21/4/90). Il est alors prêt à quitter Baudonne, se verrait dans une paroisse dans le diocèse de Dax ou de Bayonne, mais pourquoi pas au 150.

Autre Intermède 1990-1997

Il quitte effectivement Baudonne pour un recyclage à Paris et dès 1991 se retrouve responsable du 150 à Lyon, renouvelé en 1994. Pas grand-chose sur lui de cette époque, sinon qu’il fait repeindre la façade extérieure du 150, côté rue. En 1996, il est nommé à Chaponost chargé de coordonner l’ensemble des activités d’accueil, d’économat et de comptabilité. Mais il reste soucieux des Jeunes de Baudonne qui ne trouvent plus ce qui faisait leur richesse de son temps. Baudonne va le rappeler très vite, mais avant, il effectue un voyage d’un mois au Bénin

Baudonne troisième période 1997-2016

Comme responsable de la maison, Jules va continuer les camps de jeunes qui ont beaucoup de succès. Pour cela, il n’hésite pas à passer le BAFA à plus de 60 ans, un diplôme d’état nécessaire pour encadrer et animer des jeunes. Il se fait aider par des jeunes qu’il suit depuis plusieurs années et qui restent fidèles à la maison de Baudonne. En 2002, il partira avec certains de ces jeunes pour un voyage au Niger, parfaitement réussi. Il fait venir également un prêtre diocésain Béninois pour l’animation missionnaire. Il faudra de solides arguments pour qu’il accepte la fin de la revue Braises à laquelle il tenait par-dessus tout.

En 2004, l’évêque des Landes lui demande de prendre en charge la paroisse de Tarnos (sur laquelle est situé Baudonne) : « Surtout, je ne voudrais pas que la charge de Tarnos donne un mauvais coup à l’animation missionnaire : ce serait le contraire de ce qui aura été recherché ». L’arrivée du Père Claude Vincent va réduire ses craintes.

Malgré les changements dans la maison, il tiendra le coup à la tête de Baudonne, toujours accueillant et toujours tourné vers la Mission qu’il a vécu de l’intérieur. Une agression, la nuit, lui portera un coup au moral et pour ne plus être seul dans la maison, un compagnon d’Emmaüs viendra dormir dans la chambre à côté. Un AVC viendra à bout de ses forces et le Père Michel Cartatéguy, présent à Baudonne en ce début d’année 2016 l’aidera à trouver une maison pour sa retraite à Bayonne. C’est là qu’il s’éteindra le 14 décembre à l’âge de 78 ans. Ses funérailles à Suhescun ont rassemblé de nombreux amis de Baudonne, des paroissiens de Tarnos, mais aussi nombre de prêtres des Landes et du Pays Basque. La célébration, en basque, nous a rappelé d’où il était et tous les services qu’il a su rendre à l’Eglise, l’Eglise d’ici et d’au-delà des mers.

Extraits de l’homélie de ses funérailles

La braise allumée par le Ressuscité dans le cœur de Jules ne deviendra jamais cendre. Elle a allumé dans son cœur un feu missionnaire que rien ne pouvait l’éteindre. Toutes ses activités n’avaient de sens que si elles servaient l’animation missionnaire. Sa seule ambition était de transmettre sa flamme intérieure au service la mission.

Les camps d’été pour les enfants et les adolescents, les sessions de formation pour les coopérants et les humanitaires, les journées missionnaires, les interventions régulières sur les ondes, la vente des calendriers, les voyages découvertes en Afrique, les kermesses… tout devait concourir à la mission à l’extérieur… et à l’éveil des églises locales à la dimension universelle. Ses engagements personnels avaient le même objectif.  En acceptant d’être Curé de Tarnos après avoir été à St Martin de Hinx, il écrivait à ses supérieurs :

« J’accepte cette charge demandée par l’Evêque pour deux raisons : M’intégrer dans le presbyterium de Dax pour renforcer l’animation missionnaire et m’intégrer dans l’équipe missionnaire diocésaine ».

L’animation missionnaire aura été le fils conducteur de son sacerdoce. Il en venait à reprocher fraternellement à ses responsables leur manque de courage pour inventer des formes nouvelles de consécration à la mission. Il désirait tant que des jeunes couples s’engagent à vie pour le service de la mission et que l’Eglise reconnaisse ce ministère au même titre qu’un autre ministère.

En basque.

Pour nous tous : pour nous ses frères sma, pour tous les jeunes qu’il a accueillis à Baudonne, pour tous les paroissiens de Tarnos, pour les différents Evêques de Bayonne, de Dax et même celui de Toulouse qui aurait voulu bénéficier de la compétence de Jules pour l’animation missionnaire, pour toute sa famille, Jules aura été un grand missionnaire. Dieu saura le récompenser.

Un proverbe africain dit : « Tous les animaux ne suivent pas le même chemin pour aller à la rivière. » Jules avait son chemin missionnaire qu’il n’avait jamais prévu mais qui l’a conduit assurément vers le Ressuscité qui le reçoit fraternellement autour de la braise qui ne s’éteindra jamais. Amen.

P. Michel Cartatéguy

Conseiller Provincial

Quant à nous, les prêtres diocésains ses confrères, que de fois nous avons eu l'occasion d'apprécier son accueil spontané et chaleureux pour les retraites de jeunes que nous organisions, pour les camps missionnaires d'été qu'il proposait, pour les réunions des prêtres et diacres du pays, etc. Et jusqu'à la grande fête des 50 ans de son ordination où il nous avait tous invités au printemps de 2014. Nous l'écoutions tous, respectueux et amusés à la fois, confesser devant nous avec gravité combien la perspective puis la réalité de la fermeture de la maison lui était un crève-cœur. "Jules" : à lui seul, son prénom disait tout. Baudonne c'était lui et il était Baudonne... Il a pourtant accepté de devoir partir...