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leveque jean Société des Missions Africaines – Province de Lyon

Le Père Jean LEVEQUE

Né le 29 avril 1936 à Nantes (44) diocèse de Nantes.

Membre de la SMA le16/07/1959

Ordonné prêtre le 05/12/1964

 

 

 

1965-1966

Lyon

Année pastorale à  Saint-Louis de la Guillotière

1966-1971

Toumodi  (RCI)

Vicaire 

1971-1973

Rezé

Animation missionnaire

1973-1977

Nantes

Vicaire à Notre-Dame du Bon Port

1977-1979

Fribourg

Ecole de la foi

1979-1984

Nantes, Honduras

Animation missionnaire et aumônier chez les Sœurs de Bethléem

1984-1987

Paris

Vicaire à Saint-Louis d’Antin

1987-2002

Dingy en Vuache (Annecy)

Aumônier de la Source à Raclaz

2002 - 2003

Rezé

Repos,

2003-2018

Mortefontaine (diocèse de Meaux)

aumônier des sœurs dominicaines

Décédé à Senlis le 9 novembre 2018

à l’âge de 82 ans

Les funérailles ont été célébrées

le 14 novembre 2018 à 10h30

à Mortefontaine - 60

(Institut St Dominique)

Jean LÉVÊQUE

1936 - 2018

Il est né le 29 avril 1936 à Nantes (Loire-Atlantique), diocèse de Nantes, et baptisé le 1er mai. Son papa était machiniste fraiseur. Il a 4 sœurs et 2 frères. Il commence par fréquenter l'école libre du vieux Doulon, puis l'école publique des Batignolles. Il est à Pont-Rousseau de 1948 à 1956, où il obtient le BEPC et la première partie du baccalauréat. Il semble qu'ensuite, il passe deux années à Chamalières, puis il va à Chanly pour le noviciat.

Il fait 20 mois de service militaire à Douala, Cameroun, (octobre 59 à juillet 61) ; il est rapatrié sanitaire (tuberculose) et doit aller à l'hôpital de Vannes, puis au sanatorium de Thorenc, où il reste 4 mois, avant d'aller se reposer à La Croix- Valmer pendant une année. Il arrive au 150 en janvier 63. Il est ordonné prêtre l’année suivante. Il fera son année pastorale à Saint- Louis de la Guillotière

1966-1971 - Toumodi (Yamoussoukro), vicaire

Il est alors nommé en Côte d’Ivoire, vicaire à Toumodi dans l’actuel diocèse de Yamoussoukro. Au moment de son départ pour la Côte d'Ivoire, le père Bruyas, provincial, le note ainsi : "Confrère un peu timide, mais de relations franches et aisées ; intelligence moyenne ; jugement un peu rapide, confiant en lui, mais juste ; bon caractère ; santé bonne actuellement, réformé à

100% ; fait pour le ministère." (15/08/66) Il n’y a aucune lettre de lui durant cette époque, si ce n’est celle où il annonce : "Je fais de l'hypertension oculaire, qui entraîne des maux d'yeux et de tête continuels." (20/03/71) Les docteurs lui conseillent de venir se faire soigner en France.

1971-1973 - Rezé, animation missionnaire

Il commence par se reposer, puis il accepte de faire de l'animation missionnaire à partir de la maison de Pont-Rousseau. En janvier 72, le père Kerlévéo, supérieur de Rezé, s'inquiète de sa

santé : "Tout le fatigue, même la présence de ses confrères, si bien qu'aujourd'hui il n'est même

pas descendu manger. Son moral semble atteint et nous craignons qu'il ne fasse de la neurasthénie." (07/01/72) Quelques jours après, il écrit lui-même disant qu'il doit lutter contre des amibes et que sa santé lui permet seulement de donner un coup de main à la procure.

Il se plaint aussi de ressentir de la fatigue dans les genoux. C'est alors qu'il demande à travailler dans le diocèse de Nantes, comme vicaire dans une paroisse. "Je pense qu'un travail plus

régulier que ne peut l'être l'animation missionnaire me permettra de me rétablir. J'envisage

cette solution pour deux ans. J'aurai ainsi le temps de terminer les trois cures à Châtel Guyon." (16/03/73) Son directeur spirituel l'encourage. En août 73, il a encore une forte crise de dysenterie avec des crampes dans les jambes et tout ça le laisse complètement à plat.

1973-1979 - Nantes, puis Fribourg

Il est nommé vicaire à N.Ddu Bon Port dans une équipe de 5 prêtres. En février 74, il perd sa maman. Son contrat est reconduit au bout de deux ans, puisque sa santé s'améliore tout doucement. Il avait parlé d'une année sabbatique sur Angers : "Ce que je recherche avant tout, c'est une écoute et un approfondissement de la parole de Dieu, vécue dans la prière personnelle et communautaire, et dans une vie fraternelle." (18/06/77) Angers ne semble pas adapté, alors il se tourne vers le père Lœw, qui dirige l’École de la foi, à Fribourg. Mais il faut s'engager pour deux ans. Le Conseil donne son accord. A la fin de son contrat avec le diocèse de Nantes, il part donc à Fribourg, en Suisse, à l’École de la Foi. "Ce que j'y trouve correspond à ce que j'étais venu y chercher. Tout n'est pas parfait, bien sûr, et le cheminement en équipe est toujours lent, mais nous essayons de vivre dans la prière et le partage fraternel notre vie d'études presque essentiellement centrée sur la Bible." (02/12/77) A la fin de ces deux années, le père Lœw lui demande de rester encore une année pour faire partie, comme prêtre, de l'équipe d'accompagnement. Mais il s'est déjà engagé à aller à la rue Honduras.

1979-1984 - Nantes, Honduras, animation missionnaire

Il revient alors à l’animation missionnaire à Nantes dans la nouvelle implantation, rue du Honduras. Il fait communauté avec les pères Michaud et Brion. Les problèmes de santé ne le quittent pratiquement pas. En 1982, on pense à lui pour accompagner les jeunes de l'avenue Reille, puis finalement le Conseil y refuse et cherche quelqu'un d'autre. Il faut d'abord qu'il retrouve plus de punch.

1984-1987 - Paris, vicaire à la paroisse Saint-Louis d’Antin

En 85, il se repose près du Mont Blanc. "Parti pour 8 jours de repos, le médecin m'a donné 15 jours supplémentaires. Je récupère un peu, mais j'ai des vertiges dont les médecins ne découvrent pas l'origine." (19/04/85) Comme la montagne lui a fait du bien, il y retourne pour ses vacances. On voit que chez lui, c'est le problème de la santé qui est au centre de tout. Jean se pose de sérieuses questions sur son avenir. Il dit que sa fatigue s'est maintenant portée sur les yeux et qu'il ne peut plus lire ni écrire. En mai 87, il écrit : "Pour l'avenir, j'aimerais reprendre une mission d'accueil. J'ai vécu des choses très denses à Saint-Louis d'Antin dans cette mission. Et je crois discerner que c'est dans une mission d'accueil, d'accompagnement que le Seigneur me désire." (13/05/87). Il est alors envoyé au Centre de La Source à Annecy

1987-2001 - Dingy en Vuache (Annecy), aumônier de la Source à Raclaz

Il est chargé de l'animation spirituelle du centre d’accueil de Raclaz dans le diocèse d’Annecy. "Nous sommes 6 permanents ; notre mission est essentiellement centrée sur l'accueil. […] La Source est vraiment un lieu de vie où bien des personnes repartent avec un plus d'espérance parce qu'elles ont découvert qu'elles pouvaient être aimées et acceptées telles qu'elles sont. […] Le bon air de la montagne et le rythme de vie plus paisible me sont bénéfiques." (17/01/88) "Tu connais notre mission à la Source auprès des pauvres : ceux qui souffrent de la solitude, les divorcés qui se sentent exclus de l'Eglise, les chômeurs, les handicapés. Ces journées de récollection sont des temps forts pour souder notre équipe en nous tournant davantage vers Jésus qui nous envoie vers tous ceux que nous accueillons." (12/11/88)

En 2001, il demande à quitter et se verrait bien dans une communauté qui recherche un prêtre et dans laquelle il pourrait vivre un accueil spirituel un peu comme à "la Source". Ses yeux lui font de plus en plus mal et "je ne me sens pas capable d'accepter une mission en hôpital psychiatrique, même s'il y a une équipe en place." (19/10/01) Il voudrait quelque chose un peu comme la Source, mais sans secrétariat à cause de ses yeux. En attendant, il se repose à Rezé.

2003-2018 - Mortefontaine (diocèse de Meaux), aumônier des sœurs dominicaines

Sa nomination date du 13 septembre 2003. Il va y rester 15 ans au service de la petite communauté des Sœurs Dominicaines, avec beaucoup d’humilité et de disponibilité. Ses problèmes de santé finiront par avoir raison de lui. C’est là que le Seigneur viendra le rejoindre ce 9 novembre 2018 et selon ses vœux, c’est là, dans le cimetière des Sœurs qu’il est inhumé.

 Extraits de l’homélie de ses funérailles s à Mortefontaine

Le père Jean est dans sa quinzième année ici à Mortefontaine, on pourrait dire qu’il a trouvé ici, son oasis, le début de son paradis sur terre. On sentait qu’il était bien ici avec ceux et celles qui l’entourent à tel point que, malgré ses problèmes de santé, il n’est pas arrivé à prendre la décision de quitter Mortefontaine. En effet, il y a quelques années, le conseil lui demandait de faire son dossier pour aller dans une maison de retraite, il n’a pas dit non mais il n’a pas, non plus, dit oui. Quoi de plus merveilleux que de quitter ce monde dans la joie et la paix, à un endroit qu’on aime.

« Il pouvait aussi mourir en Afrique » Car il a gardé de beaux souvenirs de ce continent au fond du cœur. Il est allé deux fois en Afrique au Cameroun et en Côte d’Ivoire et deux fois il a été rapatrié sanitaire. C’est un amoureux de l’Afrique. Avant son affectation chez les sœurs à Mortefontaine, il a été à Lyon, à Rezé (2 fois), à Nantes (2 fois), à Fribourg, à Paris, à Annecy. Père Jean, pour remercier des vœux de Noël 2008, disait : « Dieu est toujours déjà là dit Maurice Zundel. Dieu fragile, c’est la donnée la plus bouleversante, la plus neuve, la plus essentielle de l’Evangile ; un Dieu fragile est remis entre nos mains. Puissions l’accueillir toujours davantage. » Oui un Dieu fragile est remis dans les mains des hommes fragiles que nous sommes, fragiles physiquement et spirituellement. Et Jean est conscient de sa fragilité. Combien de fois, il a été à l’hôpital ? dira une de ses connaissances. Mais cela ne l’a pas empêché de faire attention aux autres, de les écouter. Pour parler de lui, certains parlent de sa douceur et son humilité. Jean disait « Ce que je recherche avant tout, c’est une écoute et un approfondissement de la parole de Dieu, vécue dans la prière personnelle et communautaire, et dans une vie fraternelle. »

Laurent Oré, vice-provincial

 Mot d’Adieu de la communauté de Mortefontaine à la cérémonie de ses obsèques.

Cher Père Jean,

Depuis 15 ans, vous étiez pour nous un frère, qui nous accompagnait dans notre vie de chaque jour avec tant de délicatesse, d’écoute et d’attentions.

Merci pour toutes les eucharisties où vos petits mots si profonds et si concrets nous rendaient le message de l’Evangile très vivant et présent. Vous saviez vous adapter aux enfants et aux jeunes quand ils étaient là avec nous. Vous aviez la mémoire du cœur et vous priiez aux intentions de chacun : pour ceux qui étaient dans la joie, pour ceux qui étaient dans la peine. Vous n’oubliiez jamais personne. Les deux dernières eucharisties que vous avez célébrées : le 7 novembre, c’était la Toussaint de l’ordre dominicain ; le 8, c’était la commémoration des défunts de notre Ordre. Vous étiez vraiment devenu Dominicain. Merci pour les petits services rendus à table et après le repas. Jeudi dernier, la veille de votre grand départ, malgré votre immense fatigue, vous étiez prêt à me conduire en auto à la gare de Survilliers. D’ailleurs, vous ne vous plaigniez jamais. Merci pour tout ce que nous avons vécu et partagé avec vous, merci pour votre bonté, votre grande gentillesse. Vous nous avez beaucoup apporté. Vous resterez dans notre cœur. Merci Père Jean !

Sr Marie-Odile, op.