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Société des Missions Africaines –Province de Strasbourg

zielinski joseph né le 23 novembre 1905 à Czarny-Dunajec
dans le diocèse de Cracovie, Pologne
membre de la SMA le 3 octobre 1937
serment permanent le 6 janvier 1946
décédé le 3 janvier 1985

1937-1939 Vigneulles
1939-1941 armée polonaise, prisonnier de guerre
1941-1950 Vigneulles
1950-1966 missionnaire en Côte d’Ivoire, Korhogo
1966-1969 Saint-Pierre
1969-1971 missionnaire en Côte d’Ivoire, Katiola
1971-1973 Saint-Pierre
1973-1976 missionnaire en Côte d’Ivoire, Katiola
1976-1985 Saint-Pierre

décédé à Barr, France, le 3 janvier 1985,
à l'âge de 79 ans

 


Le frère Joseph ZIELINSKI (1905 - 1985)

Joseph Zielinski est originaire du diocèse de Cracovie, en Pologne. Il est né le 23 novembre 1905, à Czarny-Dunajec, village du massif montagneux des Tatras, dans les Carpates, où ses parents, modestes cultivateurs, faisaient valoir une petite ferme. Étant le premier de six enfants, Joseph fut de bonne heure associé aux durs travaux de l’exploitation familiale. Cette rude agriculture de montagnes était cependant peu productive. C’est pourquoi, en accord avec son fils aîné, qui le poussait à gagner une contrée plus fertile, le père acquit une ferme plus vaste dans le territoire de Gniezno, en Posnanie. C’est là que le Frère Joseph fit la connaissance des Pères des Missions Africaines qui, en 1931, avaient ouvert une maison dans la région, à Ninino. Cette rencontre fut décisive pour Joseph : il décida de consacrer sa vie aux Missions Africaines. Après un postulat à Ninino, il vint en France, fit son noviciat à Vigneulles et entra dans la Société des Missions Africaines en prononçant son premier serment de Frère-Coadjuteur le 3 octobre 1937.

Après son serment, il resta d’abord au service de la maison de Vigneulles et celle-ci saura apprécier le savoir-faire d’un homme qui déjà connaissait un peu quelque chose de tous les métiers. En 1939, il fut mobilisé dans l’Armée Polonaise en France et l’état de ses services lui valut plus tard plusieurs décorations, notamment la Croix de Guerre avec étoile de bronze et la Médaille de la Résistance des Polonais en France. Fait prisonnier en 1940, il fut libéré en avril 1941 et retourna à Vigneulles, où ses connaissances variées des multiples travaux de la campagne furent particulièrement utiles dans les années difficiles de la guerre et de l’après-guerre. Il fit le serment perpétuel le 6 janvier 1946.

En 1950, sur ses instances pressantes, ses supérieurs l’envoyèrent dans la mission du Nord Côte d’Ivoire. Il était âgé de 45 ans, mais bien préparé à l’Afrique par une formation spirituelle solide et par une longue expérience de vie pratique. De sa venue en Côte d’Ivoire, Mgr Durrheimer dira : C’était une grâce, un don du ciel.

En effet, affecté à Katiola, le Frère Joseph, de 1950 à 1976, à l’exception de quatre années passées à Saint-Pierre pour cause de maladie, a déployé une activité débordante qui s’étendit à beaucoup de missions du Nord Côte d’Ivoire. Qu’il suffise de citer au moins Katiola, Boniérédougou, Niakaramandougou, Ferkéssé¬dougou, Korhogo, Kouto. À ce sujet, le ministre d’État, M. Nanlo Bamba, en lui remettant, le 19 avril 1976, au nom du Président de la République de Côte d’Ivoire, les insignes de Chevalier de l’Ordre National, fit ressortir combien, par ses travaux, le Frère avait participé au succès des œuvres de développement spirituel et social, et il énuméra ses réalisations : Neuf églises et chapelles, treize écoles primaires privées avec quarante-huit classes, seize logements d’enseignants, trois dispensaires privés, plusieurs logements de missionnaires, un Cours ménager et un Foyer d’accueil, sans compter une importante contribution à la construction du Séminaire de Katiola et à celle du bâtiment des professeurs et de la chapelle.

De telles réalisations supposent un travail acharné. Là-dessus, nous avons le témoignage de Mgr Durrheimer, Évêque de Katiola, qui dans son homélie le jour de ses obsèques, déclara : Mon souci constant était, non de stimuler, mais de modérer une ardeur toujours tentée de dépasser les limites de la prudence. On ne l’a jamais rencontré autrement qu’en tenue de service, soit au volant de son camion, parcourant des centaines de kilomètres pour le transport des matériaux de construction, du bois pour l’atelier de menuiserie ; en tenue de service sur les chantiers, surveillant et aidant les équipes de maçons, de ferrailleurs, de charpentiers, passant des jours et des nuits en brousse à débloquer le camion embourbé ou accidenté ou simplement en panne. Il a vu des toitures, à peine mises en place et amarrées, emportées en quelques secondes par la tornade ; dans les villages il a souffert de fièvres paludéennes, d’infections intestinales provoquées par l’alimentation locale, parfois suspecte, mais dont il voulait se contenter. On ne connaîtra jamais le détail des aventures innombrables vécues avec un stoïque courage, en dépit des fatigues, des tracas de toutes sortes, mêlés parfois à beaucoup d’anxiété.

Cette activité avait bien risqué d’être arrêtée dès avril 1966. En effet, à la suite de plusieurs heures de travaux pénibles, le Frère fut frappé d’une hémorragie cérébrale et il fallut le rapatrier d’urgence. Il y avait très peu d’espoir de guérison. Cependant, plusieurs mois de traitement réussirent à vaincre le mal et, au bout de trois ans, les médecins jugeant son état satisfaisant, il supplia ses supérieurs de le laisser repartir en missions. Le 21 février 1969, il retourna en Côte d’Ivoire. Il y fit encore deux séjours, forcément plus brefs que les précédents. C’est seulement en 1976 que, dit encore Mgr Durrheimer, le Frère Joseph, affaibli par l’âge et usé par le travail, accepta, par pure obéissance et non sans chagrin, de quitter l’Afrique définitivement.

Le Frère Joseph Zielinski a été en Afrique un vaillant ouvrier et un véritable apôtre. Toujours en contact avec la dure réalité du travail, soutenu par une foi solide, simple, forte, il trouvait dans la prière, dans l’Eucharistie, dans le recours confiant à Marie, la force et la lumière nécessaires pour supporter les fatigues des journées passées sur les chantiers, pour être en même temps un témoin de la charité du Christ auprès des gens qu’il rencontrait et, en premier lieu, auprès des ouvriers avec qui il était sans cesse en relation.

Retiré à la maison de Saint-Pierre en 1976, il y vécut huit années d’une retraite paisible, toujours serviable, aimant à faire plaisir à ses confrères et cherchant en toute occasion à se rendre utile à la maison. Il mourut à l’hôpital de Barr, le 3 janvier 1985, et fut inhumé le 9 janvier au cimetière s.m.a. de Saint-Pierre. Mgr Durrheimer présida la messe concélébrée des obsèques et prononça l’homélie.