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Société des Missions Africaines

cadel georges né le 6 mai 1911 à Cherbourg
dans le diocèse de Coutances, France
membre associé le 11 novembre 1969
prêtre le 29 juin 1936
décédé le 23 janvier 1997

missionnaire au Liban
1940-1947 sous directeur des œuvres du diocèse de Coutances
1945 aumônier militaire
1947-1955 curé de Virandeville, Manche
1955-1961 missionnaire en Côte-d'Ivoire
1961-1968 missionnaire au Togo
1968-1972 missionnaire au Bénin
1972-1979 archiviste du diocèse de Coutances
aumônier de l’UNC de la Manche
1979-1997 retiré

décédé à Coutances, France, le 23 janvier 1997,
à l’âge de 85 ans

Le père Georges CADEL (1911 – 1997)

Georges Cadel est né à Cherbourg le 6 mai 1911 et baptisé le lendemain à la paroisse de la Sainte-Trinité. Il aura deux frères : Raymond, et Richard qui sera prêtre lui aussi. Il fait ses études à l’école Saint-Joseph, puis à l’institut Saint-Paul de Cherbourg où il obtint son baccalauréat en 1929. Voulant devenir prêtre, il entre au grand séminaire pour y étudier la philosophie. De 1931 à 1933, il accomplit son service militaire au Liban, au titre de professeur, au collège Saint-Joseph de Beyrouth. Il revient au séminaire pour sa théologie, et est ordonné prêtre, à la cathédrale de Coutances, le 29 juin 1936.

Envoyé à Rome pour suivre des études à la Grégorienne, il obtient en 1939 son doctorat en philosophie. Quand la guerre éclate, il est mobilisé dans un régiment de chars d’assaut avec le grade de sergent-chef. Après la défaite de juin 1940, il se présente à l’université de Paris et obtient une licence ès-lettres.

L’Abbé Cadel est alors nommé sous-directeur des œuvres diocésaines à Coutances. Sous l’occupation allemande, il participe à la Résistance. Il s’occupe d’aider les prisonniers et déportés en leur envoyant régulièrement des vivres et des livres afin de leur apporter un peu de réconfort. A la fin de la guerre, il travaille au Secours Catholique et fait aussi office d’aumônier militaire.

En 1947, il est nommé curé de Virandeville. En 1949, accompagné de son frère Richard et de quelques paroissiens, il part en pèlerinage à Fatima pour accomplir le vœu, fait pendant la guerre, s’il échappait à la Gestapo et aux bombardements. A son retour, il organise, à Virandeville, un culte à Notre-Dame de Fatima, et construit une vaste salle paroissiale pour accueillir les pèlerins, et organiser des rencontres de réflexion avec les jeunes.

Depuis longtemps, les missions lointaines attirent le père Cadel. Après de nombreuses difficultés, au début de 1955, il obtient de son évêque la permission de partir en Côte-d’Ivoire.
Des confrères prêtres le traitent de franc-tireur qui abandonne sa paroisse. En réalité, il devient le premier prêtre "Fidei Donum", deux ans avant l’encyclique de Pie XII.

A Abidjan, le père Cadel devient aumônier de l’ACF (Action Catholique des Familles) et bientôt directeur des œuvres catholiques. Il est aussi nommé responsable du journal "Foyer chrétien", et il est à l’origine des émissions religieuses à la radio nationale qui débutent en mars 1956. Il est délégué de la Côte d’Ivoire pour l’opération Vous êtes formidables, lancée, conjointement, par Europe n°1, la Vie Catholique et Publicat.

En août 1957, il conduit en France 15 foyers ivoiriens pour y rencontrer des familles françaises chrétiennes. A leur retour, il va réfléchir aux lois coutumières en vue de préparer le nouveau code civil ivoirien en faveur de la promotion de la femme et de la famille.

En 1960, l’abbé Bernard Yago qui travaillait avec lui est nommé archevêque d’Abidjan, en remplacement de monseigneur Boivin. Peu après, le père Cadel décide de quitter la Côte d’Ivoire pour lui laisser entière liberté.

En 1961, il rejoint alors le Togo, et devient professeur au collège Saint-Joseph de Lomé. Lors d’une distribution des prix, en juin 1955, il prononce, devant de nombreuses personnalités, un remarquable discours sur le thème Latinité et Négritude. En 1968, il part au Dahomey, et devient professeur au collège Notre-Dame de Lourdes de Porto-Novo. C’est à cette période, très exactement le 11 novembre 1969, qu’il est reçu comme membre associé sma dans la Province de Lyon.

A la mi-juin 1971, le père Cadel a des ennuis de santé. Il décide de quitter l’Afrique et de demeurer un an à la procure de la rue Crillon, à Paris. En octobre 1972, il rejoint son diocèse et accepte d’y assurer le service d’archiviste. Mais il ne tire pas un trait sur les années qu’il vient de vivre. Il reste toujours disponible pour prêcher des journées missionnaires, expédier des livres dans les séminaires d’Afrique, récolter des dons pour aider les prêtres africains. Il écrit des articles dans plusieurs journaux chrétiens, comme La Croix, l’Essor, la Gazette de la Manche, pour rappeler aux chrétiens de France combien les prêtres en Afrique ont besoin d’honoraires de messes, n’ayant souvent aucune autre ressource pour vivre.

A partir de cette époque, le père Cadel organise, chaque année, des voyages pèlerinages à travers le monde. En 1975, il est à Rome pour l’Année sainte ; en 1976, il participe au Congrès eucharistique à Philadelphie aux USA ; en 1980, il est en Terre Sainte, en 1982 à Fatima, en 1983 à Lourdes et en Pologne. Après chaque pèlerinage, il écrit un compte rendu pour la Gazette de la Manche.

Le père Cadel fait aussi des voyages en Afrique. En 1976, il visite une douzaine de pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Il constate les rapides progrès de l’évangélisation, l’africanisation de la hiérarchie, le dynamisme des jeunes Eglises, et la joie de vivre de ces nouvelles communautés.

En février 1981, il vient en Côte d’Ivoire, à la léproserie d’Adzopé, pour l’inauguration d’un monument à la mémoire de Raoul Follereau. En juillet 1985, il se rend au Sénégal où les premiers évangélisateurs, en 1635 et 1637, furent des Normands. Il participe aux cérémonies à la cathédrale de Dakar et au sanctuaire de Popenguine, où est honorée une Vierge noire de la Délivrande, amenée de Normandie en 1889. Il y retrouve une nièce, Dominique, devenue sœur franciscaine missionnaire de Marie. En août 1985, il se rend à Nairobi au Kenya pour le Congrès eucharistique que préside Jean-Paul II.

Le 29 juin 1986, le père Cadel célèbre son jubilé d’or sacerdotal, à Coutances, au milieu de ses confrères et amis ; en juillet, il est au milieu des ses anciens paroissiens à Virandeville. A cette occasion, le président Houphouët-Boigny le nomme "Commandeur de l’Ordre National" en récompense des services rendus jadis à la Côte d’Ivoire, décoration qui lui sera remise, le 28 septembre, à l’ambassade de Côte d’Ivoire à Paris.

En la fête de l’Epiphanie 1986, le père Cadel célèbre deux événements en l’église de la Sainte-Trinité de Cherbourg où lui-même a été baptisé : le centenaire des martyrs de l’Ouganda (1886) et le passage, en cette église, de monseigneur de Brésillac qui mourait 3 mois plus tard à Freetown. Il y fait dresser un tableau de bois sculpté représentant ces martyrs, œuvre réalisée par un artiste togolais, et ramené d’Afrique par le père Cadel lui-même.

En 1989, c’est le centenaire de l’œuvre de Saint-Pierre Apôtre pour soutenir la formation du clergé diocésain des jeunes Eglises. Pour honorer la fondatrice, Jeanne Bigeard, le père Cadel fait placer une plaque souvenir sur la maison où elle est née à Coutances, et une autre dans l’église qu’elle fréquentait dans son enfance.

En 1988, le père Cadel avait été agressé à Paris, et avait vécu un accident de la route. Il était également très affecté par la mort d’un neveu, son filleul, Marc Cadel, mort à Paris, en revenant d’une ascension dans les Alpes. Lui-même va tomber malade, paralysé de corps et d’esprit, pendant plusieurs semaines à la fin de l’année 1989. Il se rétablit, mais, un an plus tard, sa santé se détériore à nouveau, et il passe plusieurs semaines à l’hôpital. Il quitte alors la maison où il vivait seul, pour résider au centre d’accueil diocésain de Coutances. A partir de 1993, il baisse de plus en plus et nous quitte le 23 janvier 1997, à l’âge de 85 ans.

Le père Cadel a voulu partager jusqu’au bout son amour pour l’Afrique. Il a été un témoin de la mission à l’extérieur. Il a compris, comme il le dit, qu’une Eglise locale dépérit quand elle se replie sur elle-même, mais qu’elle progresse quand elle élargit les horizons de sa charité. Même s’il a succombé, quelque peu, à la vanité des diverses décorations reçues, et dont il était fier, même s’il a parlé de l’Afrique jusqu’à agacer quelquefois ses amis, le père Georges Cadel n’a eu qu’un seul désir et qu’une seule passion : faire la volonté de Dieu pour que l’Evangile de Jésus-Christ soit annoncé.