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Société des Missions Africaines –Province de Lyon

Prioul Ambroise né le 26 mars 1892 à La Selle-en-Coglès
dans le diocèse de Rennes, France
membre de la SMA le 22 décembre 1926
prêtre le 13 juillet 1919
décédé le 7 février 1945

1919-1925 Pont-Rousseau, professeur et directeur
1925-1931 Offémont, directeur et supérieur
1931-1937 Lyon, conseiller provincial
1934-1937, supérieur du grand séminaire
1937-1940 Chanly, directeur spirituel
1940-1945 Lyon, Le Rozay, Sainte-Foy, malade

décédé à Sainte-Foy, France, le 7 février 1945,
à l'âge de 53 ans

Le père Ambroise PRIOUL (1892 - 1945)

Le 7 février 1945, à l'hôpital de Sainte-Foy, retour à Dieu du père Ambroise Prioul, à l'âge de 53 ans.

Né en 1892 à la Selle-en-Coglès, dans le diocèse de Rennes, Ambroise Prioul laissait, à l'âge de 20 ans, une situation enviable pour entrer aux Naudières. Il se trouva naturellement un peu dépaysé au milieu des petits sixièmes, mais son esprit surnaturel s'accommoda de cette situation. Laborieux, tout en rendant service au père économe, il se mit au travail et, trois ans après, il pouvait entrer au grand séminaire. Excellent confrère, dévoué, charitable, il était estimé de tous. "Scrupuleux au travail, esprit positif et clair, soucieux d'exactitude et de méthode, il s'attacha à faire du solide pour l'avenir, pour l'apostolat dont il ne détachait pas sa pensée" (jugement des professeurs du séminaire de Lyon). Dispensé du service militaire et donc de la guerre, il se dévoua à l'œuvre de Frères d'Armes.

Prêtre en 1919, il fut de suite affecté à Pont-Rousseau et le père supérieur général lui demanda de préparer son bac. "Le Bon Dieu, écrit-il, vient de me faire boire à la coupe du sacrifice. Le père général me demande de préparer mon bac. Cette décision me ferme la dernière porte qui me restait ouverte sur l'Afrique." Il aurait aussi désiré poursuivre ses études théologiques, mais il se soumet "de tout cœur à l'expression de la volonté de Dieu". Aux Naudières, le père Prioul fut successivement professeur, préfet de discipline et directeur. En 1925, il devenait directeur d'Offémont, dont il sera supérieur en 1929. "Ce qui frappait en lui, c'était son extrême rectitude, un constant souci de bien faire, une fidélité absolue au devoir, un dévouement exclusif à la tâche propre, une conscience méticuleuse. Pour lui, oui, c'était oui, et non c'était non."

Voué par obéissance à l'éducation, le père Prioul s'y adonna de tout son cœur, de toute son opiniâtre énergie. "Il observe, étudie, et se fait une «doctrine» de l'éducation qu'il s'efforcera d'appliquer dans nos écoles apostoliques." Dans des rapports copieux, il exposa ses idées à ses supérieurs. Il souhaitait d'abord un "excellent recrutement". Il faut "être sévère dans le choix", ensuite "tout faire pour assurer la persévérance et augmenter la valeur morale et intellectuelle des élèves". Dans nos séminaires, il faut créer "une atmosphère de piété, de travail, de générosité, propre à la culture des vocations". "Il faut préparer les séminaristes à passer les examens officiels, d'où des locaux scolaires bien aménagés et des instruments de travail."

"Il faut un corps professoral stable, dévoué, compétent (avec licence ou agrégation au moins pour les classes supérieures); suivre en tout point le programme des écoles officielles. Il faut former les séminaristes à la bonne tenue et à la politesse. On veillera à la discipline qui a pour but de faire régner l'ordre nécessaire au travail fécond et à la piété profonde. Il faut faire un règlement précis: que l'on fasse, si l'on veut, un règlement plutôt large, mais que l'on ne transige pas sur la fidélité à l'observer. Il faut amener les jeunes gens à agir par esprit de foi. L'obéissance surnaturelle seule est vraiment formatrice et sanctifiante."

Le père Prioul veut des "récréations actives": que chaque maison prévoie un budget pour les jeux; pour les sports, les favoriser "comme délassement, mais non de manière à faire naître une sorte de passion chez les élèves".

Pour former les séminaristes à la piété, il demande que tous les professeurs "soient vraiment prêtres en classe comme en dehors de la classe". Voilà le "devoir de celui qui a été placé par les supérieurs au milieu des futurs missionnaires pour être un flambeau et un vivant modèle".

Le Père Prioul voyait dans le choix sévère des recrues et dans la formation méthodique et solide des aspirants l'avenir de la Société à laquelle il était fier d'appartenir.

Conseiller provincial en 1931, le père Prioul devenait supérieur du grand séminaire en 1934. Malgré une santé de plus en plus précaire, il se donna tout entier à ses nouvelles fonctions. Certaines de ses idées ayant été adoptées aux Assemblées (v.g. programmes officiels dans nos petits séminaires), le père Prioul eut à en préciser l'application pratique. Supérieur du grand séminaire, il se montra "homme de discipline". Il tenait au règlement et surtout à l'esprit de foi que le fait observer. Il veilla aussi au cadre matériel; c'est sous son supériorat que fut installé le chauffage central.

En 1937, le père Prioul était nommé directeur spirituel à Chanly. La tâche lui faisait peur, mais il était heureux d'être déchargé des soucis du supériorat et d'être dans "l'obligation de se sanctifier". C'est dans la souffrance que le père Prioul devait achever sa vie si féconde. En 1940, une grave maladie l'obligeait à rejoindre Lyon. Un léger mieux lui permit de se dévouer encore au noviciat du Rosay. En 1943, le mal reprit et il dut bientôt rejoindre l'hôpital de Sainte-Foy, sans plus pouvoir désormais quitter la chambre. Sa plus grande souffrance fut d'être privé de la sainte messe. En 1928, le père Prioul terminait un rapport par ces mots: "Rien ne résiste à la sainteté. Et qui nous dira si pour multiplier en faveur de notre chère Société les grâces de vocation, Dieu attend autre chose que l'holocauste volontaire en union avec son Christ de quelque victime d'amour."

"Je ne puis me défendre de penser, écrit le père Delhommel, que le père Prioul a été cette victime volontaire et que Dieu a accepté son offrande." (Frères d'Armes, février 1946)