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Société des Missions Africaines –Province de Lyon

Breteche Pierre Frère Pierre Claver
né le 28 février 1887 à St Emilien de Blain
dans le diocèse de Nantes, France
membre de la SMA le 17 mars 1917
décédé le 8 février 1969

1912-1919 Chanly
1919-1921 La Croix-Valmer
1921-1924 missionnaire en Egypte
1924-1953 missionnaire en Côte-d'Ivoire 
1953-1969 La Croix-Valmer

décédé à La Croix-Valmer, France, le 8 février 1969,
à l'âge de 82 ans

Le frère Pierre BRÉTÉCHÉ (frère Pierre Claver) (1887 - 1969)

Pierre Brétéché naît le 28 février 1887 à Saint-Emilien-de-Blain, en Loire-Atlantique, à quelque 30 kilomètres au nord-ouest de Nantes. Il fait ses études secondaires au petit séminaire de Guérande (1899-1907), poursuit ses études au grand séminaire de Nantes (1907-1909). Puis, il rentre au noviciat des pères du Saint-Esprit où il ne restera que quelques mois. Il retourne chez ses parents et y reste environ deux ans (1910-1912). Durant 7 mois, il est domestique chez les frères de Guernesey. Finalement, il se présente au noviciat des Missions Africaines, à Chanly (Belgique) pour y devenir "frère" sous le nom de "frère Pierre-Claver".

Il devient membre des Missions Africaines le 17 mars 1917. Le jeune frère éprouve un grand désir de partir en mission. Mais, en pleine guerre, c'est impossible ! Alors, pendant deux ans, il reste à Chanly, comme cuisinier, père nourricier des professeurs et des élèves. Le frère Pierre-Claver ne garde pas un bon souvenir de son séjour dans les Ardennes belges, à cause du froid, des restrictions de la guerre et de l'art culinaire qu'il n'aime pas exercer.

En 1919, il est nommé à La Croix-Valmer, dans le Var, à la Maison de retraite des Missions Africaines, où il exerce, de nouveau, ses talents de cuisinier. Pas pour longtemps, puisque le père Hérold le redemande à Chanly. Le 27 janvier 1920, à la grande joie du supérieur du noviciat, le frère se retrouve, une deuxième fois, derrière les fourneaux, comme père nourricier. Mais, pas pour longtemps !

Le 2 mai 1921, le frère cuisinier retourne momentanément à La Croix-Valmer, à défaut d'une cuisinière et d'une lingère introuvables. Mais, il est aussi prévu pour l'Egypte où l'attend Mgr Girard, le nouveau vicaire apostolique du Delta du Nil. Après un séjour à Choubra, le frère s'installe à Héliopolis : là, il exerce la fonction de "sacristain". Le 26 septembre 1924, une nouvelle nomination va permettre au frère Pierre Claver de rejoindre l’Afrique de l’Ouest. Son départ va être retardé : le préfet apostolique de Korhogo (nord de la Côte-d'Ivoire) et ses conseillers préféreraient recevoir un confrère diplômé pouvant diriger une école. La réaction du père Chabert est immédiate : Vous vous plaignez de manquer de personnel, alors pourquoi refuser un sujet déjà acclimaté et instruit ? Le préfet apostolique répondra très vite : Envoyez-moi donc le frère Pierre-Claver, je serai heureux de l'avoir.

Le frère embarque le 9 octobre pour la Haute Côte-d'Ivoire, comme on disait alors. Il écrit : Faute de pères, je suis chargé de diriger l'école primaire de Sinématiali qui compte une centaine d'élèves. Ici, les parents ne tiennent pas à l'école et regardent leurs enfants comme perdus pour eux. Au point de vue religieux, les gens ne sont pas trop réfractaires. Toutefois, l'Islam nous menace de plus en plus.
En fin d'année 1929, le frère rentre en congé. On profite de son retour pour le retenir en France : il rejoint le petit séminaire de Chamalières, près de Clermont-Ferrand, où, le 15 janvier 1930 , le père Mathivet est heureux de l'accueillir, car il a absolument besoin de quelqu'un pour travailler le jardin. Après un court passage à La Croix-Valmer, le frère Pierre Claver regagne la Haute Côte-d'Ivoire, à la grande désolation du père Mathivet qui voit déjà son jardin en friche ! A Ferkéssédougou, où il reste pendant toute la guerre, le frère refait consciencieusement son travail de directeur d'école.

En 1953, le frère Pierre Claver quitte définitivement la Côte-d'Ivoire : il rentre dans sa famille à Saint-Émilien-de-Blain. Ne pouvant retourner en mission, on l'affecte, de nouveau, à la Croix-Valmer comme sacristain. Désormais, l'Afrique, c'est fini. Le frère ne quittera même plus cette maison. En 1957, sa vue est très touchée : il est opéré des yeux. Tout en rendant quelques petits services, il passe une retraite paisible, après plus de 30 ans de service en Afrique.

Le 12 juillet 1967, à 80 ans, il célèbre son jubilé d'or au service des missions, entouré du père Bruyas, provincial. Au dire du père Angibaud, la fête se termina, comme toute belle noce, par des agapes fraternelles. La santé du frère va baisser jusqu'au 8 février 1969, jour où il s'en va retrouver Dieu dans son paradis. A ses obsèques, le père Maurice Grenot déclare : Ce frère fut un homme de paix et de charité, sans manquer d'humour, cependant. Il avait aussi le souci de se cultiver, et lisait volontiers livres et revues.