Imprimer

Société des Missions Africaines –Province de Lyon

Raingeard Joseph né le 2 août 1902 à Trélazé
dans le diocèse d'Angers, France
membre de la SMA le 30 juillet 1922
prêtre le 8 juillet 1928
décédé le 9 février 1980 

1928 professeur à Baudonne 

1928-1929 professeur à Chanly
1929-1934 professeur au Grand Séminaire de Lyon
1934-1937 supérieur à Saint-Priest 
1937-1946 supérieur du petit séminaire d’Ave en Belgique
1946-1950 missionnaire en Côte d'Ivoire 
1950-1951 responsable à Ave en Belgique
1951-1975 missionnaire en Côte d'Ivoire 
1951-1960 : Fresco
1960-1970 : Lozoua
1970-1972 petit séminaire de Gagnoa 
1972-1975 Djedjedigbekou
1975-1980 retiré dans sa famille

décédé à Rezé, France, le 9 février 1980,
à l'âge de 77 ans


Le père Joseph RAINGEARD (1902 - 1980)

Joseph Raingeard de la Blétière est né le 18 août 1902, à Trélazé, dans le diocèse d'Angers, du docteur Paul Raingeard de la Blétière et de Marie Bernier. Ondoyé le jour même, il est baptisé au Pouliguen, en Loire-Atlantique, au mois d'août de la même année.

Après ses études primaires, il entre au petit séminaire de Pont-Rousseau où il se fait remarquer par son intelligence, son sens du devoir et son bon caractère. En 1920, il est au noviciat de Chanly où, par le serment, il devient membre des Missions Africaines le 30 juillet 1922. Il accomplit alors son service militaire et, en 1924, il entre au grand séminaire de Lyon. Il y est ordonné prêtre le 8 juillet 1928.

Après un court séjour de deux mois à Baudonne, il est nommé professeur de philosophie au noviciat de Chanly, mais dès l'année suivante, en 1929, on lui demande d'enseigner la théologie au grand séminaire de Lyon. Cinq ans plus tard, il est désigné comme supérieur du séminaire des vocations tardives de Saint-Priest, transféré par la suite à Martigné-Ferchaud dans l'Ille-et-Vilaine. En 1937, il devient supérieur du petit séminaire d’Ave en Belgique.

Ce n'est qu'en 1946, après avoir manifesté plusieurs fois son désir de partir en Afrique, qu'il reçoit son affectation pour la Côte d'Ivoire. Dès le 24 décembre de la même année, il écrit de Soubré où on l'a envoyé : Je souhaitais la brousse, je l'ai ; le village est isolé ; à la saison des pluies : route impraticable ; village païen. Dès l'année suivante, il est nommé responsable de Grand-Lahou, au bord de l'océan, où il est également parfaitement heureux.

Son bonheur sera de courte durée, puisqu'en 1950, le Conseil provincial pense à lui pour régler l'avenir du petit séminaire d'Ave en Belgique. Le père manifeste son attachement à Grand-Lahou et déclare qu'il n'accepterait de quitter cette mission que si on le lui demandait au nom de l'obéissance. Alors, il obéirait et servirait de son mieux dans le poste où il serait envoyé. Le Conseil provincial maintient sa décision et le père accepte alors de partir, mais avec l'espoir de revenir, un jour, à Grand-Lahou. De retour à Ave, le père ne tarde pas à remarquer toutes les difficultés concernant le problème de la réouverture du petit séminaire et, dès l'année suivante, il exprime, en plusieurs lettres, son désir de retourner au plus vite en Afrique.

Le 21 juin 1951, il est remis à la disposition de monseigneur Kirmann pour le vicariat de Sassandra et envoyé à Fresco, petit village s'étendant alors sur un étroit cordon lagunaire séparant l'océan de la lagune. Il y restera une vingtaine d'années et s'y attachera au point de refuser le poste de conseiller provincial auquel ses confrères le désigneront, pour pouvoir demeurer auprès de ses paroissiens avec lesquels il réussit à fonder une paroisse, créer une école, composer un catéchisme et des cantiques dans la langue du pays. Dans une lettre, il détaille : Les chrétiens ont vécu une année intense : messe chantée chaque matin, avec une moyenne mensuelle de 500 communions ; chaque soir la prière, (au minimum 50 personnes, en majorité des jeunes) ; le dimanche au salut du Saint-Sacrement : une centaine de personnes ; catéchisme tous les jours. En plus de son ministère à Fresco, le père pense aussi à visiter les villages qui dépendent de cette mission. Il y consacre parfois plusieurs jours par semaine.

En 1960, menacé par la mer, Fresco est supprimé comme centre de paroisse et remplacé par Lozoua beaucoup plus proche de Grand-Lahou. Le père Raingeard est nommé curé de ce nouveau centre qui possède déjà église et presbytère : En 1970, l'âge et la fatigue ne lui permettent plus d'assurer le service paroissial. Alors, pendant deux ans, il s'occupe des petits clercs au séminaire de Gagnoa. Il est heureux avec les enfants. Après Gagnoa, il rejoindra Djédjédigbekou où il restera trois ans. (P. Malval)

En 1975, le père Raingeard se sent fatigué. Il rentre en France se reposer dans sa famille, avec l'espoir de revenir, un jour, en Côte d'Ivoire après un congé un peu plus long que les précédents. Chez lui, il ne reste pas inactif : quand sa santé le lui permet, en compagnie de son frère jumeau, il entretient, nettoie la propriété. Il se tient aussi au courant de toutes les nouvelles de la Province, réagissant même, assez énergiquement parfois, à celles qui lui déplaisent, ou à des changements qu'il désapprouve dans la manière de vivre ou dans le nouveau témoignage porté par certains confrères. Il accueille volontiers chez lui et reste en contact avec les pères de Rezé.

En 1978, il exprime son désir de finir ses jours à Rezé. Ayant de plus en plus souvent des ennuis de santé, il accepte, en octobre 1979, de partir à Montferrier. Il n’en aura pas le temps. Il décède aux Naudières le 9 février 1980.