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Société des Missions Africaines - Province de Lyon

Veillard Ambroise né le 1er mai 1918 à Livré-sur-Changeon
dans le diocèse de Rennes, France
membre de la SMA le 6 janvier 1942
prêtre le 26 novembre 1944
décédé le 10 février 2003

1946 Lyon, aumônier des Petites Sœurs des Pauvres

1946 - 1956 Grand-Lahou (Gagnoa), Côte-d'Ivoire 
vicaire, puis curé
1956 - 1974 Daloa, curé, vicaire général,
directeur de l'enseignement
1975 - 1976 Chamalières, procureur
1976 - 1979 Yocoboué (Gagnoa), curé
1979 - 1981 Divo (Gagnoa), prêtre résident
1981 - 1987 Pommiers, aumônier des Sœurs NDA
1987 - 2003 Montferrier-sur-Lez, retiré

Décédé à Montferrier-sur-Lez, France, le 10 février 2003
à l’âge de 84 ans


Le père Ambroise VEILLARD (1918 - 2003)

Ambroise Veillard est né le 1er mai 1918 à Livré-sur-Changeon, en Ille-et-Vilaine. En 1929, il entre au petit séminaire diocésain de Chateaugiron où il suit toutes ses études secondaires. En 1935, il rejoint le noviciat des Missions Africaines à Chanly, en Belgique. Des problèmes de santé l’obligent à retourner en famille pour un temps de repos. En janvier1938, on lui demande de rejoindre le petit séminaire de Pont-Rousseau, pour y faire un remplacement comme surveillant d’études.

En octobre 1938, il part pour son service militaire. Il ne l’a pas encore achevé que la guerre éclate. Il est fait prisonnier le 25 mai 1939. Libéré le 8 avril 1940, comme cultivateur, il doit se présenter, chaque mois, à la Kommandantur de Rennes. En octobre 1941, il rejoint la rue du Ballet, à Nantes, où s’est réfugié le séminaire de Pont-Rousseau. Cela va lui permettre de commencer ses études de théologie au grand séminaire de Nantes. Le 6 janvier 1942, il prononce son serment qui le fait membre des Missions Africaines. C’est le 4 novembre 1944 qu’il peut rejoindre le grand séminaire de Lyon. Il y est ordonné prêtre par monseigneur Bornet le 26 novembre 1944.

Affecté au vicariat apostolique de Sassandra, il passe quelques mois comme aumônier chez les petites sœurs des pauvres, à Lyon, dans l’attente d’un bateau. C’est le 2 juin 1946 qu’il s’embarque pour la Côte d’Ivoire. Monseigneur Kirmann l’affecte à Grand-Lahou. Il devient responsable de la mission en 1951. Le père Veillard prend son travail à cœur. Il va jusqu’au bout de ce qu’il entreprend. Cela le conduit à des relations, quelquefois difficiles, avec son évêque qui, à son goût, ne fait pas tout ce qu’il faut. Il écrit quelquefois pour exprimer son mécontentement, mais, quelques jours plus tard, il reconnaît avoir dépassé les bornes et présente ses excuses. Je prends trop à cœur ce qui arrive. C’est ce qui me fait faire des sottises et c’est pourquoi j’ai une peur bleue d’être supérieur. Je vous prie, excellence, de ne pas me tenir rigueur de ma lettre, de m’accorder votre pardon et de croire en ma filiale soumission.

En avril 1956, il devient curé de Daloa et monseigneur Etrillard le nomme vicaire général. Le diocèse de Daloa recouvre alors un immense territoire. Il y a du travail, mais les ouvriers sont peu nombreux, ce qui inquiète le nouveau curé. En cette même année, le diocèse sera divisé et monseigneur Rouanet devient évêque de Daloa. Il confirme le père Veillard dans sa responsabilité de la paroisse du Christ-Roi et dans sa tâche de vicaire général. Le monde bété s’ouvre difficilement à l’Evangile, mais le père Veillard va s’accrocher à son travail avec ténacité, bien secondé par le père Jean Meynier pour qui il aura une grande admiration. C’est grâce à leur travail et à celui de leurs collaborateurs que, 25 ans plus tard, les choses ont changé et que sont nées, dans cette région, de petites communautés chrétiennes. A partir de 1969, il prépare la fondation de la paroisse Saint-Joseph artisan, tout en assurant, à partir de 1971, la responsabilité de directeur diocésain de l’enseignement catholique, qu’il laissera en 1974 à un prêtre ivoirien.

En 1975, après quelques mois de recyclage à l’Arbresle, il accepte volontiers de rendre service à la Province, même si son cœur reste en Afrique et il rejoint la maison de Chamalières. Pendant 18 mois, il va assurer le travail de la procure et entrer en relation avec les bienfaiteurs de la maison. Il décrit ainsi son séjour : Je mets des adresses sur des enveloppes, je fais des fiches, je cueille les poires du jardin… J’admire les beautés de l’Auvergne. J’essaie de ne pas être trop encombrant, mais c’est difficile, quand on s’appelle le père Veillard. En novembre 1976, ayant retrouvé sa santé, il peut repartir en Côte d’Ivoire. Il est nommé curé de Yocoboué, dans le diocèse de Gagnoa. Trois ans plus tard, il rejoint la mission de Divo comme prêtre habitué. En avril 1981, il doit rentrer en France définitivement : Je pars "le cœur saignant" bien sûr, mais il faut être réaliste. Je ne puis plus accomplir efficacement le travail qu’on me demande ici. Ce n’est pas le travail d’un "prêtre habitué", mais d’un vicaire à plein temps.

Pressenti pour faire partie de la communauté de la rue Crillon à Paris, le père Veillard va être nommé, en réalité, aumônier des sœurs nda à Pommiers dans le Rhône, en remplacement du père Vinet. Il y restera 6 ans et s’y trouvera bien : Sachez que je suis un homme heureux et que, chaque jour, je bénis le Seigneur d’être là. Officiellement, les sœurs sont contentes de mon travail. Elles semblent m’avoir adopté. Il rend aussi de nombreux services pastoraux dans les paroisses des alentours. Mais des ennuis de santé répétés le conduisent à demander à prendre sa retraite à Montferrier-sur-lez.

Il arrive aux Chênes Verts en août 1987. Toujours actif et ne voulant pas rester sans rien faire, il va consacrer beaucoup de temps à remettre en ordre la bibliothèque, puis il s’occupera de la sacristie. Quelques années plus tard, après de nombreux séjours à l’hôpital, la maladie aura raison de lui : il meurt le 10 février 2003. Selon son désir, il est incinéré et ses cendres reposent à Montferrier, au cimetière des Missions Africaines.

Dans une note écrite par lui-même, il dit ceci : Je ne peux raconter toutes les péripéties qui ont parsemé ma vie de missionnaire et les nombreux combats qu’il m’a fallu mener. J’ai beaucoup aimé les paraboles de la veuve et du juge inique, et celle de l’ami importun, ce qui m’a valu le surnom "d’emmerdeur". Mais j’ai ainsi obtenu beaucoup de choses pour les missions. Il faut lutter, si l’on veut obtenir quelque chose. Il faut aussi accepter de recevoir des coups. J’en ai reçu beaucoup ! Mais ce lutteur était aussi habité par une grande foi et il s’en est allé dans une totale confiance en Celui qui fait miséricorde. Dans l’homélie de ses obsèques qu’il avait lui-même rédigée, ne souhaitant pas que l’on parle de lui, il cite ce mot de Sainte-Thérèse : O mon Seigneur et mon Epoux, la voici donc venue, cette heure tant désirée ! Il est temps que nous nous unissions !