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Société des Missions Africaines - Province de Strasbourg

Marin Pascal né le 3 octobre 1936 à Granbvillars
dans le diocèse de Belfort, France
membre de la SMA le 25 septembre 1960
serment permanent le 23 octobre 1966
décédé le 25 février 2003

1960-1964 Katiola, Côte-d'Ivoire)
1965-1967 Vigneulles (Metz)
1967-1968 Saint-Pierre
1968-1971 Sokodé, Togo
1972-1976 Saint-Pierre
1976-1980 foyer de Doernelbruck (Strasbourg)
1980-1986 Haguenau
1986-2003 Zinswald

décédé à Sarrebourg, France, le 25 février 2003
à l’âge de 66 ans


Frère Roland-Pascal MARIN (1936-2003)

Roland Marin est né le 3 octobre 1936 à Grandvillars dans le Territoire de Belfort. Il aurait aimé pouvoir faire des études secondaires et universitaires, mais fils d’une famille ouvrière nombreuse, il fréquente l’école du village, et à l’âge de 14 ans, il va en apprentissage et au travail. Il obtient un C.A.P. d’ajusteur mécanicien. Il s’engage à la J.O.C. et fait office de sacristain à l’église du village. Très jeune, il apprend le travail bien fait, la précision et la méticulosité.

Désirant être missionnaire, il fait une année de postulat chez les Pères Blancs en 1957 à Antilly dans l’Oise. En 1958, il commence le noviciat à Gap où il reste quatre mois. Son trop grand esprit d’indépendance n’allait pas de pair avec les exigences de la vie communautaire missionnaire stricte des Pères Blancs. Demandant à entrer aux Missions Africaines, il fait d’abord une année de postulat à Haguenau et en profite pour développer ses aptitudes dans divers domaines, comme ceux de la menuiserie et de la maçonnerie. L’année scolaire 1959/60 est celle du noviciat des frères à Vigneulles, qu’il termine par l’émission de son premier serment pour deux ans, le 25 septembre 1960. C’est là qu’il prend le nom de Pascal.

Nommé au diocèse de Katiola, il quitte la France le 1er décembre 1960. Affecté à la menuiserie de Katiola, il travaille aux constructions du diocèse, notamment à la direction de chantiers de nombreuses écoles. Exigent pour ses ouvriers, méticuleux, aimant le travail bien fait, et ne pouvant jouir de toute la liberté d’entreprise et de créativité dont il aurait aimé disposer, il n’arrive pas à trouver son rythme de vie et à s’épanouir complètement. Il renouvelle son serment pour quatre ans à Katiola le 7 octobre 1962. Revenu en congé en juillet 1964, ses supérieurs jugent bon de ne pas le laisser repartir en Afrique. Après quelques mois à Haguenau, il rejoint la maison de Vigneulles où il s’occupe surtout de l’entretien de la maison, de 1965 à 1967. C’est là qu’il est admis à prononcer son serment perpétuel le 23 octobre 1966. Il rejoint ensuite la maison Saint-Pierre, près de Barr, où pendant une année il s’adonne encore aux travaux d’entretien de la maison et au jardin, mais il se rend surtout disponible pour l’animation du stand des Missions Africaines aux diverses foires et expositions de la région est, Strasbourg, Nancy, Metz, Besançon, Lons le Saunier… Il les prépare avec soin et travaille en bonne harmonie avec le Père Henri Schneider pour lequel il aura toujours beaucoup d’amitié et de vénération.

Il repart pour l’Afrique, au diocèse de Sokodé le 17 mai 1968… Il peut de nouveau y exercer ses talents d’artisan et de chef de chantier. Il monte la charpente de la grande église de Bassar. Il dirige la construction de la maison des sœurs d’Ayengré et la construction de la nouvelle église de Cambolé (Kaboli) à l’est du diocèse. Cette grande église, solide et bien construite, œuvre du Frère Pascal, résiste encore au temps. Elle a consommé bien de ses énergies, aiguisé ses nerfs, affiné son esprit d’indépendance, affecté sa santé affaiblie déjà depuis longtemps par un asthme chronique.

Fatigué, il revient en France au cours de l’été 1976, mais ne peut repartir en Afrique. Rattaché à la maison de Saint Pierre, il reprend ses activités dans les foires. Mais les foires n’étant plus rentables, il fallut petit à petit les abandonner. Le frère Pascal est nommé économe au Foyer des Etudiants du chemin du Doernelbrück de 1976 à 1980 ; il travaille en tandem avec le père Marcel Singer qui a toujours su le comprendre et l’apprécier. En 1981, lorsque le foyer ferme ses portes, il rejoint la maison de Haguenau où il retrouve le Père Marcel Singer avec plaisir. Il passe son temps à entretenir et réparer, toujours prêt à rendre service malgré son caractère un peu rude.

Il est admis à un temps de recyclage de trois mois, dans le cadre de l’institut « Lumen Vitae » à Bruxelles, de septembre à décembre 1986. Homme plutôt de sens pratique, il éprouve quelques difficultés à suivre les cours de catéchèse, de Bible et de spiritualité qui lui sont proposés, mais il accomplit son programme avec beaucoup d’assiduité et d’intérêt. Après ce recyclage probablement trop court, il est nommé au Zinswald où il rejoint de nouveau le Père Marcel Singer et reste jusqu’à son décès le 25 février 2003. La dernière époque de sa vie a été marquée par l’épreuve, celle de ne pas être compris et considéré. Il cachait une sensibilité très forte sous un jour plutôt agressif, et son assiduité au travail s’amenuisait au fur et à mesure des ans et d’une santé de plus en plus déficiente.