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Société des Missions Africaines – Province de Lyon
Le Père Augustin BARATHIEU

 barathieu  né le 23 avril 1882 à Saint-Chély-d'Apcher
dans le diocèse de Mende, France
membre de la SMA le 20 décembre 1901
prêtre le 4 juin 1905
décédé le 6 décembre 1966
 

1905-1907 missionnaire au Dahomey
1907-1914 en famille
1914-1919 mobilisé
1919-1920 Martigné-Ferchaud, formateur des Frères
1920-1925 recruteur dans l'Ouest et le Centre de la France
1925-1936 Offémont, professeur
1936-1949 Pont-Rousseau, directeur
1946-1952 Martigné-Ferchaud, supérieur
1952-1966 Pont-Rousseau, procureur

décédé à Rezé, France, le 6 décembre 1966,
à l’âge de 84 ans

Le père Etienne Augustin BARATHIEU (1882 - 1966)

Etienne Augustin Barathieu est né le 23 avril 1882 à Saint-Chély-d'Apcher, en Lozère, entre les Monts d'Aubrac et de la Margeride, dans le diocèse de Mende, une région riche, à cette époque, en vocations sacerdotales et missionnaires.

Il fait ses études à l'école apostolique de Clermont-Ferrand. Il entre au grand séminaire des Missions Africaines à Lyon, le 22 septembre 1899. Il poursuit ses études au séminaire du Caire où il est ordonné prêtre le 4 juin 1905.

La même année, il est envoyé au Sud-Dahomey et fait ses premières armes à Grand-Popo. Après un bref séjour de deux ans, le père rentre en France en 1907, pour raison de famille. Il ne retournera plus en Afrique.

Le 30 juin 1909, mgr Pellet lui accorde l'autorisation, pour deux ans, de prendre un poste dans le diocèse de Saint-Flour. Il y restera plus longtemps, pratiquement jusqu’à sa mobilisation pour la guerre de 1914. Il participe à la bataille du Chemin des Dames. Il sera fait prisonnier et rejoindra l’Allemagne.

Libéré, il reprend contact avec la SMA en 1919. Le père effectue un stage à l'imprimerie du 150 à Lyon. Le 8 janvier 1920, le Conseil général lui propose d'aller en Côte- d'Ivoire après avoir fini d'arranger ses affaires avec sa famille. Mais, le 6 février, la proposition est annulée : le même Conseil fait appel à sa bonne volonté et à son dévouement pour s'occuper de la formation des frères au noviciat de Martigné-Ferchaud. Car le supérieur général veut des frères bien formés.

Le père est reparti d'un bon pas. Il est à son affaire dans le recrutement et dans l'enseignement et y assure du bon travail. Le père Chabert le félicite et l'invite même à quitter le noviciat de Martigné pour aller prêcher là où messieurs les curés le lui permettront, en faveur des Noirs de l'Afrique. Il lui précise : demandez surtout des vocations de frères.

Le 9 juin 1921, il reçoit de semblables encouragements de la part du père Laqueyrie. Le 10 septembre, de Chamalières, le père Desribes fait aussi appel à lui pour le recrutement dans le centre de la France. Le père Barathieu est mis à sa disposition pendant tout l'hiver : il pousse une pointe dans le Tarn qui semble donner plus d'espérance que le Lot.
Mais le père Desribes veut aussi développer son séminaire de Chamalières : Tant qu'on ne s'occupera pas de recrutement, nous sommes condamnés à l'inaction. Deux mois de travail du père Barathieu sauveront la situation.

Son bon travail aux Roches de Chamalières, le père Barathieu est invité à le poursuivre à Pont-Rousseau : Mieux que n'importe qui, le père Barathieu est qualifié pour réussir. Après cinq ans d'intense et excellent travail, le père est nommé à Offémont, près de Compiègne, dans un château blotti au fond des bois comme dans un nid de verdure. Celui-ci vient d'ouvrir ses portes pour accueillir les élèves de troisième en terminale. L'inauguration a lieu le 10 octobre 1925. Le 21 août 1931, il en devient le directeur, tout en gardant son emploi de professeur. Perplexe, car il avait bien des raisons de refuser, le père répond : non recuso laborem, je ne refuse pas le travail.

Le 7 avril 1934, le père Barathieu tombe gravement malade. Il est transporté d'urgence à l'hôpital de Soissons. En 1936, la maison d'Offémont est fermée. Le 15 juillet, le père reçoit donc une nouvelle affectation : directeur du petit séminaire de Pont-Rousseau et professeur de première. Il y restera 10 ans, subissant tous les troubles occasionnés par la guerre de 1939-1945 : séminaire réquisitionné, professeurs mobilisés, obligation de se réfugier dans le Maine-et-Loire, au château de la Foucaudière pour les petits, et au château de la Colaissière pour les grands. Je viens de visiter mes deux châteaux, dira-t-il avec humour

La guerre terminée, le 6 août 1946, le Père reçoit une nouvelle nomination du père Boucheix, nouveau Provincial : Martigné-Ferchaud, comme supérieur du petit séminaire des vocations tardives. Là, comme dans les autres maisons où il a servi, le père Barathieu apparaît, du moins aux yeux de ses élèves, plutôt froid, réservé, peu communicatif, fumant beaucoup, mais aussi, comme un homme très droit et juste.

Au bout de six ans, en 1952, le père retrouve la maison de Pont-Rousseau. Là, un confrère qui l'a bien connu le décrit : Un homme très agréable, toujours souriant et plein d'humour, très serviable et toujours à l'affût pour rendre service, un homme ordonné, traitant les affaires sans les laisser traîner. Cela lui vaut, un jour, une nouvelle recrue. Un jeune berger avait le désir de se faire missionnaire. Il écrivit à plusieurs endroits en disant : J'irai vers celui qui me répondra le premier. Ce fut le père Etienne Barathieu. Ce jeune entra aux Missions Africaines. Il y est devenu un excellent missionnaire.

Le 30 mai 1965, le père Barathieu célèbre, chose bien rare aux Missions Africaines à l'époque, son jubilé de diamant. Mais, de nouveau, la maladie le guette. On doit l'hospitaliser pendant quelques semaines : on décèle un cancer aux poumons. Le père vaque à ses occupations ordinaires. Il célèbre encore la messe, mais il souffre beaucoup, à la limite de l'étouffement, dit le Père François Fénéon qui l'a bien connu.

Alité, le père Barathieu est presque paralysé. Le père Michel Durif lui donne le sacrement des malades, et le veille, à tour de rôle, avec le Père François Fénéon. Au cours des veilles, ils prient avec lui des psaumes qui l'apaisent. S'ils s'arrêtent un instant, le père les invite à continuer. Puis, un jour, Il devient si calme que je le crois mort, dit le Père Fénéon. Mais il n'en est rien. Tout à coup, à ma grande surprise, je le vois, lui, incapable de se mouvoir, se redresser sur son lit, les deux bras tendus et le regard fixe comme s'il voyait quelqu'un ... et de s'écrier "Maman". Aussitôt après, il se laisse retomber sur son lit. Il était mort, emportant avec lui le secret de sa vision : c'était le mardi 6 décembre 1966.