Imprimer

Société des Missions Africaines –Province de Strasbourg
Le Père Eugène GASSER

 gasser eugene  né le 13 avril 1886 à Winterhouse
dans le diocèse de Strasbourg, France
membre de la SMA le 17 octobre 1909
prêtre le 9 juillet 1911
décédé le 6 décembre 1976
 

1911-1912 Keer, professeur
1912-1930 missionnaire au Nigeria
1930-1935 Haguenau, professeur
1935-1938 Vigneulles, directeur spirituel
1938-1967 Mulhouse, clinique Saint-Sauveur, aumônier
1967-1976 Saint-Pierre, retiré

décédé à Saint-Pierre, France, le 6 décembre 1976,
à l'âge de 90 ans

Le père Eugène GASSER (1886 - 1976)

Eugène Gasser naquit à Wintershouse, au diocèse de Strasbourg, le 13 avril 1886, dans une famille de huit enfants. De 1892 à 1900, il fit ses études primaires à l’école communale de son village natal et, de 1900 à 1906, ses études secondaires à l’école apostolique de Keer en Hollande. Au mois d’octobre 1906, il entra au séminaire des Missions Africaines à Lyon. Il y fit ses études philosophiques et théologiques, qui furent achevées au mois de juillet 1911. Admis au Serment le 17 octobre 1909, il fut ordonné prêtre à Lyon le 9 juillet 1911 par Mgr Pellet.

Le Père était de santé fragile. Avant de l’envoyer en mission, ses supérieurs décidèrent de le garder quelque temps encore en Europe : ce fut un stage provisoire qu’il passa comme surveillant d’étude à Keer, du mois d’octobre 1911 au mois de mars 1912. Puis, il fut nommé pour la Mission de Lagos, au Nigeria, Mission qui s’appelait alors Vicariat Apostolique du Bénin. Il s’embarqua le 11 mai 1912, à Boulogne-sur-mer et arriva à Lagos le 27 mai, après une traversée orageuse et pénible. Le Vicaire Apostolique, Mgr Lang, était décédé récemment, au mois de janvier 1912, et la Mission était confiée pour le moment au Père Hauger, qui était Provicaire. Celui-ci envoya le Père Gasser à Oyo, station qu’il avait lui-même dirigée précédemment et qui avait pour supérieur le Père Herber.

L’acclimatation du jeune missionnaire fut difficile. Au bout de deux mois, le médecin demandait qu’il soit renvoyé sans retard en Europe. Pourtant, le Provicaire fut d’avis qu’avec des précautions et des ménagements, la situation deviendrait meilleure, et c’est effectivement ce qui arriva : la santé du Père se rétablit et se fortifia grâce aux bons soins. Il commença en Nigeria une belle carrière missionnaire qu’il poursuivit jusqu’en 1930, dix-huit ans plus tard. En pensant à cela, bien des fois, dans sa vieillesse, le Père rapportait en souriant la réflexion que lui avait faite le capitaine du navire qui l’emmenait pour la première fois en mission. Apprenant qu’il se rendait en Nigeria, ce capitaine lui avait dit : Vous ? en Nigeria ! Mais vous n’avez pas de santé et le Nigeria est un des plus mauvais climats de l’Afrique. Vous n’y resterez pas longtemps !

De 1912 à 1930, le Père Gasser fit trois séjours en Nigeria, séparés par deux congés, l’un en 1919, le second en 1925-1926. Dans tous les emplois qu’il y remplit, il se fit remarquer et aimer par sa grande bonté de cœur et son entier dévouement.

Durant le premier séjour, il fut d’abord vicaire : à Oyo de mai 1912 à janvier 1913, à Topo-Badagry de janvier 1913 à juillet 1914, à Ijebu-Ode de juillet 1914 au mois d’août 1915. Puis, du mois d’août 1915 à février 1919, il fut chargé des fonctions de Procureur à Lagos.

Pour son deuxième séjour, il retourna à Lagos et fut encore Procureur, de décembre 1919 à mars 1925. Enfin, au troisième séjour, il fut supérieur de la mission de Ijebu-Ode d’avril 1926 à décembre 1926, et supérieur de la mission de Ebute-Metta, du mois de décembre 1926 au mois d’avril 1930.

Rentré en France en avril 1930, il fut nommé professeur et surveillant à l’école apostolique de Haguenau, poste qu’il occupa de septembre 1930 à juillet 1935. Sa santé laissait à désirer. Au printemps de 1933, après une pleurésie, il avait dû aller se reposer quelque temps à Saint-Pierre.

En 1935, le Père Gasser fut nommé directeur spirituel du noviciat des Frères de Vigneulles. Il fut à Vigneulles jusqu’en juillet 1938. La chronique rapporte que le noviciat des Frères fêta avec éclat en 1936 le jubilé d’argent sacerdotal de son dévoué directeur spirituel. Pour la grand-messe d’action de grâces, étaient venus l’assister les Pères Sauer et Flesch, anciens missionnaires au Bénin, et l’homélie fut prononcée par le Père Joseph Fischer, supérieur, également ancien du Bénin. À l’occasion de cet anniversaire, le jubilaire remercia chaleureusement ceux qui lui adressaient des félicitations et des vœux, et il leur promit en retour, le meilleur de ses prières, mais il ajouta, d’une voix pleine d’émotion, que son grand désir aurait été de célébrer cette fête au milieu de ses chers chrétiens du Nigeria.

À partir du 13 septembre 1938, le Père Gasser fut adjoint à Mgr Waller pour l’assister dans ses fonctions d’aumônier de la Clinique du Saint-Sauveur de la Rue du Bourg, à Mulhouse. Mgr Waller, malade, ne pouvait plus se donner suffisamment à son ministère. Il mourut le 6 juillet 1939. À cette date, le Père Gasser devint lui-même aumônier en titre. Il exerça cette charge pendant 28 ans et s’en acquitta avec une charité délicate, aimé des religieuses et des malades, sachant aider et consoler chacun dans les souffrances et dans les peines, vrai Père spirituel soucieux des situations de tous.

Il avait plus de 80 ans quand, le 25 novembre 1967, affaibli par l’âge et par une récente intervention chirurgicale, il quitta la clinique et se retira à la maison d’accueil de Saint-Pierre. Il vécut dès lors une vie de repos et de prière, avec une régularité pour ainsi dire monacale, dans le silence et la patience, et en même temps toujours affable avec ses confrères et aimant les rencontrer. Il quittait rarement la propriété. Mais chaque jour, quand le temps favorable le permettait, il faisait une promenade dans le petit parc et allait prier au cimetière tout proche.

Dans l’été 1976, parvenu à plus de 90 ans, il faiblit peu à peu. Le cœur fléchissait. Après le 8 septembre, il cessa de célébrer lui-même la sainte messe. C’est cependant à la fin de novembre qu’il resta alité. Il mourut dans la matinée du 6 décembre, après avoir reçu le saint viatique et la bénédiction apostolique, en pleine connaissance et en invoquant le nom de Jésus.