Imprimer

Société des Missions Africaines – Province de Lyon

GUENO Joseph né le 3 mars 1901 à Saint-André-des-Eaux
dans le diocèse de Nantes, France
membre de la SMA le 30 juillet 1922
prêtre le 8 juillet 1928
décédé le 15 mars 1943

1928-1930 Rome, doctorat en théologie
1930-1931 Lyon, professeur
1931-1934 Chanly, supérieur
1934-1938 Lyon, professeur
1938-1942 Pommiers, aumônier des sœurs nda

décédé à Lyon, France, le 15 mars 1943,
à l’âge de 42 ans


Le père Joseph GUÉNO (1901 - 1943)

Le 15 mars 1943, à Lyon, retour à Dieu du père Joseph Guéno, à l'âge de 42 ans.

Joseph Guéno était né à Saint-André des Eaux, dans le diocèse de Nantes, en 1901, dans une famille de laborieux cultivateurs, aux profondes convictions religieuses. Ayant très tôt perdu sa mère, il fut élevé par des tantes d'un rare dévouement, dans une atmosphère de piété et de vie chrétienne intense.

Après de bonnes études classiques couronnées par le bac, au petit séminaire de Guérande (Loire-Atlantique), en 1920, il entrait aux Missions Africaines, à Chanly. Serment en 1922, puis service militaire, et le voilà à Lyon en 1924. Excellent séminariste sous tous les rapports, il était ordonné prêtre en 1928. Il n'a qu'un désir: partir au plus vite pour l'Afrique. Mais ses supérieurs ont d'autres vues sur ce jeune prêtre. "Pieux, consciencieux, appliqué, très bien doué, délicat et fin sous des dehors modestes et un peu frustes". Le père Guéno est envoyé à Rome où il prend son doctorat en théologie avec une thèse latine sur la "grâce sacramentelle". Au collège "Angelicum", son esprit se pénétra des fortes disciplines thomistes. Il aimait les solutions nettes qui découlaient des thèses de la "Somme". Cet enseignement théologique, donné sous la forme absolue de la Vérité éternelle, lui plaisait dans son intransigeance dogmatique.

Il avait le sens de l'autorité et il aimait à la voir personnifiée, humaine et forte dans le vicaire du Christ. Il avait vraiment la "dévotion" du pape; il sera toujours soucieux de se procurer les derniers documents pontificaux et aimera les commenter en classe. Après une année de professorat à Lyon, il était nommé en 1931 supérieur au noviciat de Chanly. Se trouvant trop jeune (30 ans) et inexpérimenté, il n'accepta que par obéissance. A Chanly, ses qualités d'ordre et de labeur s'affirmèrent, mais sa santé le trahit et après 3 années de travail fécond, il dut demander son changement.

A Lyon, dans une vie sinon moins laborieuse, du moins plus calme, il occupa la chaire de dogme de 1934 à 1937. Il aima beaucoup le professorat. Ce qui caractérisait le père Guéno, c'était son amour de l'orthodoxie et son souci de l'exactitude. Son enseignement n'a rien qui sente la hardiesse; il tenait au manuel, à ce manuel "qu'on emporte et qu'on relit". Chacun devait savoir de mémoire l'énoncé des thèses, les textes d'Ecriture et des conciles. Certains le trouvaient exigeant, mais le père était lui-même un rude travailleur et avait une haute idée de la science que doit posséder un prêtre.

En 1937, il était délégué à l'assemblée provinciale. En octobre, il reprenait ses cours, mais terrassé par le mal qui le minait depuis longtemps, il dut abandonner le professorat. Aumônier à Virieu , dans le diocèse de Grenoble, puis à Pommiers chez les sœurs de Notre-Dame des Apôtres, ce fut pour lui un temps de pieuses lectures, de réflexions, de prières et de préparation à la mort qui le menaçait sans cesse, les crises cardiaques allant se multipliant. En 1942, il dut même abandonner son aumônerie et se retirer à Lyon pour attendre l'heure du Seigneur.

Malade, isolé, sous la menace d'une mort subite, le père Guéno réalisa dans la souffrance son austère idéal du sacerdoce. Cette souffrance, dont on pouvait souvent surprendre l'expression sur les traits du père et jusque dans son bon sourire, a certainement été féconde en fruits de sainteté, parce que acceptée d'avance avec esprit de foi et de soumission à la volonté de Dieu.

Vers la fin de son noviciat, le 6 avril 1922, il consignait cette résolution: "Accepter croix et maladies avec soumission, joie même, content de souffrir pour Notre Seigneur, qui a tant souffert pour moi." Et le 26 du même mois, à l'occasion du serment d'un frère, il notait: "Je vous sacrifie ma vie, je vous l'offre pour toujours, je veux être votre serviteur, vous suivre, ô mon Jésus, sur le chemin du renoncement jusqu'à la mort." Pendant la semaine sainte de 1942, il avait écrit: "Je ne vaux plus rien, je ne peux plus rien. Je ne peux que souffrir et mourir. Mon Dieu, je vous offre ma souffrance et ma mort."

La mort du père Guéno, âgé seulement de 42 ans, apparaît donc comme un dernier don, l'achèvement d'une vie offerte entièrement en sacrifice à Dieu, en union avec le Christ.